Passe d'armes entre Ayrault et Fillon sur les législatives

Jean-Marc Ayrault a jugé "ahurissant" mardi que François Fillon "méconnaisse" le niveau élevé de la menace de cyber-attaques, après que le candidat de la droite eut dit considérer l'abandon du vote électronique pour les Français de l'étranger aux élections législatives de juin comme un "déni de démocratie". /Photo prise le 18 février 2017/REUTERS/Michaela Rehle

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a jugé "ahurissant" mardi que François Fillon "méconnaisse" le niveau élevé de la menace de cyber-attaques, après que le candidat de la droite eut dit considérer l'abandon du vote électronique pour les Français de l'étranger aux élections législatives de juin comme un "déni de démocratie".

Le gouvernement a annoncé lundi avoir décidé de renoncer au vote électronique à l'étranger pour ce scrutin, invoquant des raisons de sécurité dans un contexte électoral marqué par des soupçons de cyber-déstabilisation imputée notamment à la Russie.

"Cette atteinte aux droits démocratiques de nos 2,5 millions de Français vivant à l'étranger est scandaleuse", a réagi François Fillon mardi matin dans un communiqué.

"C'est non seulement un déni de démocratie mais c'est aussi un beau gâchis d'argent public dont le gouvernement socialiste porte l'entière responsabilité", a-t-il ajouté, estimant que la cyber-menace n'était qu'un "prétexte".

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a fustigé mardi soir des critiques "aussi excessives sur la forme qu'injustifiées sur le fond".

"Il est ahurissant qu'un candidat à la présidence de la République méconnaisse à ce point le niveau élevé de la menace de cyber-attaques alors que des institutions publiques et privées en subissent quotidiennement", écrit-il dans un communiqué.

"Je ne peux accepter, en particulier de la part de François Fillon, de voir dans cette décision un 'déni de démocratie'", ajoute-t-il. "Je ne peux pas plus tolérer du même François Fillon que mon ministère soit accusé d'un 'beau gâchis d'argent public', alors que le développement d'un nouveau système de vote électronique se poursuit en vue de son utilisation lors de prochaines échéances électorales à l'étranger."

La décision française a été prise sur la base des recommandations des experts de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes informatiques (ANSSI), a expliqué lundi le secrétaire d'Etat chargé des Français de l'étranger.

En février, les Pays-Bas ont eux aussi annoncé leur décision de ne pas avoir recours au vote électronique lors des élections législatives prévues le 15 mars prochain, en raison de possibles piratages informatiques.

Le vote électronique a été instauré en France en 2012, uniquement pour les élections législatives - pour les électeurs inscrits dans l'une des 11 circonscriptions électorales à l'étranger - et pour les élections des conseillers consulaires.

(Chine Labbé)

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