Les Passagers de la nuit, un album de souvenirs d'une douce mélancolie

© Nord-Ouest Films

Ce qui frappe avant tout dans le cinéma de Mikhaël Hers, c’est la douceur qui s’en dégage. Sa façon de révéler l’intime par petites touches sans que cette délicatesse paraisse affectée. Le réalisateur du très beau Amanda(2018) est un sentimental qui ne cède pas au sentimentalisme. Un impressionniste qui ne cherche pas à impressionner. L’émotion s’impose pourtant dans tous ses films, qui à chaque fois progressent avec pudeur : ils évitent les raccourcis évidents tout en affirmant un style élégant d’où ressort un talent certain pour rendre à l’ordinaire sa beauté et son mystère. S’y observent aussi un sens de l’ellipse et de la suggestion, un goût prononcé pour les ambiances citadines et crépusculaires, et des thématiques récurrentes comme le deuil (Ce sentiment de l’été, Amanda), la reconstruction ou le temps qui passe.

Dans son quatrième film, Les Passagers de la nuit, le cinéaste de 47 ans remonte ce temps qui fuit trop vite en embarquant le spectateur dans les années 1980. S’il s’ouvre dans la liesse de l’élection de Mitterrand et s’étend sur sept années, les événements ou catastrophes majeurs de la décennie y sont négligés. C’est une époque fantasmée que peint Hers, avec sa musique, ses fringues, son ambiance. La patine rétro et les images d’archives insérées par endroits, jusqu’à se confondre avec celles du film, favorisent encore davantage l’immersion.

Lire aussi - "Amanda" : faire son deuil après un attentat

Les Passagers de la nuit se regarde comme un album de souveni...


Lire la suite sur LeJDD

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles