Passager expulsé: United Airlines limite les pouvoirs de son patron

Oscar Munoz, directeur général d'United Airlines, attend d'être reçu par Donald Trump à la Maison Blanche, le 9 février 2017

New York (AFP) - United Airlines a annoncé vendredi limiter les pouvoirs de son patron dont la rémunération en 2017 sera liée à la satisfaction des passagers et de ses clients, quelques jours après l'affaire du passager expulsé violemment d'un de ses vols.

Oscar Munoz, dont la gestion de l'affaire a été très critiquée, n'endossera pas la casquette de président du conseil d'administration comme initialement prévu, indique la compagnie aérienne dans un document au gendarme de la Bourse américain, la SEC.

Pour ce faire, United a modifié le contrat de travail de M. Munoz, qui prévoyait sa nomination prochaine à ce poste, de sorte qu'il devait cumuler les fonctions de directeur général et celles de président (PDG).

"Le conseil d'administration estime qu'avoir une séparation des rôles de directeur général et de président est la structure la mieux appropriée pour le moment", justifie United, qui ne parle toutefois pas de sanction.

Outre la performance financière de la société et de l'évolution du cours boursier, la rémunération de M. Munoz dépendra également cette année de la satisfaction clients, selon le transporteur aérien.

"Au vu des événements récents, la rémunération du management (...) sera fonction d'une amélioration importante de la satisfaction client et des changements apportés à la culture et aux procédures chez United", précise le groupe.

En 2016, Oscar Munoz a touché 18,72 millions de dollars, soit plus du triple des 5,8 millions engrangés en 2015. Ces émoluments étaient constitués en grande partie de stocks-options et d'un bonus de 6,8 millions de dollars, a détaillé United.

La communication de M. Munoz, qui avait pourtant reçu en mars le prix du "meilleur communicant" 2016 décerné par une association, a été très critiquée après l'apparition des premières vidéos de l'expulsion.

Le dirigeant avait fait le choix de ne pas s'excuser auprès du passager, le qualifiant de "perturbateur et d'agressif" dans un courriel adressé aux salariés d'United.

Face au tollé et au plongeon de l'action en Bourse mardi, il avait finalement fait marche arrière pour finalement s'excuser. Le passager, David Dao, un Américain d'origine vietnamienne, s'est depuis attaché les services d'un cabinet d'avocats de Chicago (nord) et envisage de poursuivre United Airlines.

M. Munoz avait pris les commandes d'United en septembre 2015 suite au départ inattendu de son prédécesseur Jeffrey Smisek, ébranlé par une enquête sur des soupçons de conflits d'intérêts avec l'Autorité portuaire de New York et du New Jersey.

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