Pass sanitaire: le florilège des arguments contre entendus à l'Assemblée

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Image d'illustration - L'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 1er avril 2021. (Photo: THOMAS COEX via AFP)
Image d'illustration - L'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 1er avril 2021. (Photo: THOMAS COEX via AFP)

POLITIQUE - Ils s’y sont mis à plusieurs. Pour ne pas dire à tous. Les oppositions parlementaires ont largement fait entendre leur voix ce mercredi 21 juillet pour dire tout le mal qu’elles pensent du projet de loi gouvernemental visant à étendre le pass sanitaire à de nombreux lieux de la vie quotidienne comme le train ou les restaurants, après les annonces d’Emmanuel Macron sur le sujet le 12 juillet.

Après un examen en commission le 20 juillet jusqu’à cinq heures du matin, les députés entamaient ce mercredi 21 juillet après-midi la lecture du texte dans l’hémicycle. Ils ont passé la première heure du débat à faire des rappels au règlement pour dénoncer les conditions d’examen du texte, en urgence, comme vous pourrez le voir dans la vidéo ci-dessous. “Nous sommes exaspérés”, a résumé Cécile Untermaier, du parti socialiste, reprise sur tous les bancs des oppositions qui déplorent des délais trop courts alors que le texte doit être adopté dans le week-end.

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Au bout de quatre heures de débats, ils n’étaient toujours pas arrivés au terme du premier article, le plus sensible, qui proroge l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 31 décembre 2021, élargit le fameux pass sanitaire aux autres activités que celles aujourd’hui concernées (grands événements, boîtes de nuit etc.) et fixe les sanctions encourues.

Sur le millier d’amendements déposés, une centaine seulement a été examinée dans la soirée. L’ordre du jour a été modifié pour que les débats reprennent toute la journée de jeudi, retardant la navette avec le Sénat. Tour d’horizon des arguments entendus dans l’hémicycle.

“Vous divisez les Français”

C’est l’un des arguments les plus récurrents, sur tous les bancs. “La situation est suffisamment grave pour éviter de fracturer nos concitoyens et nous parlementaires. Nous avons besoin d’unir nos forces”, a défendu Philippe Gosselin, pour LR. “Vous allez dresser les Français les uns contre les autres”, a prévenu, dans la même veine, le député non-inscrit Nicolas Dupont-Aignan. Côté PS, où l’on défend la vaccination obligatoire pour tout le monde, Valérie Rabault brandissait ce slogan: “Le pass sanitaire exclut, la vaccination obligatoire inclut”.

“Au lieu d’avoir le courage de la coercition, on donne l’impression d’un libre arbitre, on applique le paternalisme libertarien, c’est un concept importé des États-Unis”, a déploré de son côté Paul Molac, député du groupe Libertés et Territoires.

Le secrétaire d’État chargé de la Transition numérique, Cédric O, a répondu à la plupart par cette formule: “C’est soit le pass sanitaire, soit la fermeture des bars, soit le pass sanitaire, soit le reconfinement, soit le pass sanitaire, soit le couvre-feu!”.

“Vous improvisez, il fallait prévoir!”

C’est un argument entendu surtout à gauche. “Arrêtez votre chantage!”, a tancé la députée insoumise Caroline Fiat, en écho à la formule de Cédric O. “Le variant Delta est là depuis janvier, il n’y a que vous pour imaginer que le variant n’allait pas arriver chez nous! Vous réagissez à la dernière minute, comme toujours, gouverner c’est prévoir, vous improvisez”, a-t-elle lancé, citant Machiavel.

Sans remonter au mois de janvier, Hervé Saulignac, député PS de l’Ardèche a rappelé à l’intention des ministres que son collègue socialiste Boris Vallaud “vous parlait du variant Delta en juin, et voilà qu’on a 24 heures pour trancher!”. “Nous n’avons aucune visibilité sur la rentrée, nous en avons marre de vos approximations. Anticipez, rendez obligatoire la vaccination”, a abondé Lamia El Aaraje qui défendait pour le PS une motion de rejet préalable qui n’a pas été adoptée.

“C’est l’Absurdie généralisée”

À la tribune, la députée insoumise Mathilde Panot a décrit un texte “absurde et incohérent”. L’élue du Val-de-Marne a mis l’accent sur l’obligation obligatoire de la vaccination pour les soignants et “pas pour les policiers”, faisant référence aux contrôles que les forces de l’ordre devront effectuer. “C’est l’Absurdie généralisée”, a-t-elle déclaré, en dénonçant “une fuite en avant autoritaire sans précédent” de la part d’Emmanuel Macron. “Il n’y a pas de politique sanitaire sans confiance, vous avez si souvent menti aux Français...”, a-t-elle ajouté, en évoquant notamment “les masques et les tests”.

“Vous avez menti”

Le “mensonge” est souvent revenu dans les débats. Marine Le Pen, candidate RN déclarée à la présidentielle a pris la parole pour s’exprimer sur “la valeur de la parole publique”. Elle a fait référence, comme nombre de ses collègues, au précédent texte sur le pass sanitaire du mois de mai au sein duquel le gouvernement promettait “la main sur le cœur qu’il ne serait pas étendu”.

“Vous avez menti, et vous continuez de mentir puisque vous dites que grâce au pass sanitaire il n’y aura pas de couvre-feu”, a poursuivi le républicain du Lot Aurélien Pradié, citant le cas des Pyrénées-Orientales où le “couvre-feu est revenu (pour les bars et restaurants, NDLR) et les habitants auront aussi le pass sanitaire si votre texte est adopté”.

Au début de la séance, Olivier Véran a tenté de défendre son texte en brandissant la menace du confinement. “Est-ce que vous préférez que nous laissions l’épidémie et un nouveau confinement?”, a-t-il interrogé, chiffres de Santé publique France qu’il recevait en direct à l’appui.

À voir également sur Le HuffPost: Un député LREM “effaré” par le pass sanitaire qui va “fracturer notre pays”

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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