Pass sanitaire, obligation vaccinale des soignants... Une stratégie réussie pour Emmanuel Macron?

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Intervention d'Emmanuel Macron le 12 juillet 2021 depuis le Grand Palais éphémère - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Intervention d'Emmanuel Macron le 12 juillet 2021 depuis le Grand Palais éphémère - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Face à la progression importante du variant Delta en France, Emmanuel Macron a annoncé plusieurs mesures, lundi soir, pour endiguer la reprise de l'épidémie et éviter de reconfiner la France.

Parmi elles, l'extension du pass sanitaire en deux temps: le 21 juillet prochain, il sera demandé pour tous les événements de plus de 50 personnes, puis début août, il sera demandé pour accéder aux restaurants, bars, trains et avions ou encore pour les longs trajets en car. L'obligation vaccinale concernera également plusieurs professions, comme les soignants, les ambulanciers et les pompiers.

Vingt-quatre heures après son allocution, le chef de l'État semble avoir convaincu un peu plus d'un Français sur deux. Ainsi, selon notre nouveau sondage Elabe "L'Opinion en direct" pour BFMTV, 52% des Français sondés qui ont vu ou entendu parler de l'allocution du président ont trouvé ce dernier "convaincant". Ils sont, plus précisément, 11% à l'avoir trouvé "très convaincant" et 41% à le juger "plutôt convaincant".

Des mesures globalement acceptées

Outre son intervention, les mesures ont globalement été acceptées par les Français, toujours selon notre sondage Elabe "L'Opinion en direct" pour BFMTV. La majorité des personnes interrogées soutient l'extension prévue de l'utilisation du pass sanitaire (vaccination complète ou test négatif de moins de 48h). Ainsi 76% se déclarent favorables à ce qu'il soit requis pour voyager en avion, en train ou en car pour les trajets de longue distance à partir du mois d'août.

La vaccination obligatoire des personnels soignants est elle aussi plébiscitée par 76% des Français interrogés. En outre, 63% des personnes sondées se déclarent favorables au déremboursement des tests PCR à partir de cet automne, sauf prescription médicale.

"Il fallait se ressaisir"

De nombreux soignants, présents sur notre antenne, se sont également positionnés en faveur des annonces d'Emmanuel Macron. "Cela va augmenter l'immunité collective donc c'est très très bien", a déclaré ce mardi Robert Sebbag, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), qui s'est dit "ravi des déclarations du président". "Il fallait absolument se ressaisir si on ne voulait pas être de nouveau débordés dans les hôpitaux", a également abondé sur notre antenne Rémi Salomon, président de la Commission Médicale d'Etablissement de l'APHP.

Concernant l'obligation pour les soignants et non-soignants dans les centres de soins, si elle est reconnue comme une nécessité pour certains, l'inquiétude quant à des effets potentiellement délétères se fait sentir.

"On a peur que le climat social se tende", a déclaré ce mardi sur BFMTV Eric Fregona directeur adjoint de l'Association des directeurs au service des personnes âgées. Expliquant qu'il ne savait pas à quoi s'attendre de la part du personnel non-vacciné, il envisage de "les accompagner, d'être au plus proche".

"J'ai toujours considéré que l'obligation vaccinale pour les soignants comme pour tout le monde, pouvait être contre-productive", a aussi déploré Djillali Annane, chef du service de réanimation à l'hôpital Raymond Poincaré (Hauts-de-Seine). Mais pour lui, s'il y a une réaction négative de la profession à l'encontre de cette mesure, elle concernera une minorité de personnes, et cette obligation "va avoir un impact majeur" sur la vaccination.

Un record d'injections

Les effets de la prise de parole du président de la République se sont fait sentir très rapidement. Entre l'allocution d'Emmanuel Macron à 20h lundi et ce mardi à 16 heures, 1,7 millions de Français ont ainsi réservé des rendez-vous pour leurs deux injections sur la plateforme en ligne Doctolib.

Un record d'injections a également été relevé ce mardi en France. Jean Castex a ainsi annoncé sur Twitter que 792.339 doses ont été administrées en 24h en France.

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"Les Français ont plutôt adhéré à ce qu'a dit Emmanuel Macron dans la première partie de son intervention. On voit que ça a eu un effet, qu'il a plutôt gagné son pari: l'effet sur les plateformes, les presque 800.000 injections aujourd'hui...", a estimé ce mardi sur notre plateau notre éditorialiste politique Bruno Jeudy.

"Je pense qu'au fond il a bien joué, c'est un bon timing. C'était un moment où on était prêt à l'entendre. Le variant Delta est en train de progresser très fortement, les gens ont peur, ils n'ont pas envie d'être reconfinés, il n'y avait pas grand-chose d'autres à faire et à proposer", a également souligné ce mardi soir Isabelle Saporta, éditorialiste de 22h Max, sur notre antenne.

Concernant l'obligation vaccinale de certaines professions, "une partie de l'opposition, LFI et le RN, a contesté la forme que ça prenait et ça ne sera pas facile à mettre en place", a admis Bruno Jeudy. Mais selon lui, maintenant que la décision est prise, "elle sera mise en œuvre". "Globalement il n'y a pas eu tant de contestation" des Français, a-t-il conclu.

Article original publié sur BFMTV.com

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