Le pass Navigo va augmenter, le ticket de métro aussi

A commuter buys a ticket for the RATP (Paris' public transports operator) public transport at a vending machine, at the Gare de l'Est train station, in Paris, on December 23, 2019, on the 19th day of a nationwide multi-sector strike against the government's pensions overhaul. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
STEPHANE DE SAKUTIN / AFP A commuter buys a ticket for the RATP (Paris' public transports operator) public transport at a vending machine, at the Gare de l'Est train station, in Paris, on December 23, 2019, on the 19th day of a nationwide multi-sector strike against the government's pensions overhaul. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

TRANSPORTS - Cinq, quinze, vingt-cinq… De combien d’euros le passe Navigo va-t-il augmenter le 1er janvier 2023 ? Si la barre fatidique des 100 euros par mois est désormais exclue, l’enjeu est énorme et il fait l’objet d’un bras de fer intense entre Valérie Pécresse, à la tête de la région Île-de-France, et le gouvernement.

Dans des documents transmis durant le week-end aux administrateurs d’Île-de-France mobilités et que Le HuffPost a pu consulter, la présidente LR de la région a opté pour le scenario à 90 euros. Cela ferait une hausse de 20 % par rapport aux 75,20 euros actuellement acquittés par les Franciliens.

Ce tarif sera soumis au vote le 7 décembre. Et ce n’est pas le seul qui est promis à une inflation massive. « C’est du jamais vu. La hausse des tarifs de tous les titres de transports est comprise entre 17 et 36 % », s’étrangle auprès du HuffPost un conseiller régional de gauche. Il dénonce notamment l’augmentation la plus importante pour les tarifs sociaux dont bénéficient les chômeurs de longue durée ou les bénéficiaires de l’Aide médicale d’État. « Pour les seniors, l’abonnement annuel passerait aussi de 451 à 450 euros », déplore notre source. L’abonnement à la semaine passerait quant à lui de 22,80 à 31 euros.

Lire aussi

Voilà pour les utilisateurs réguliers. Mais ils ne devraient pas être les seuls à subir cette inflation. Les Franciliens qui prennent rarement les transports en commun ou les touristes de passage savent qu’aujourd’hui le ticket à l’unité coûte 1,90 euro. Valérie Pecresse envisage de le faire passer à 2,30 euros. Et le carnet de 10 tickets passerait de 16,90 à 20,30 euros.

Encore une chance d’avoir le pass à 80,80 euros

Ces hausses, espère l’ancienne candidate à la présidentielle, doivent rapporter 522 millions d’euros dans les caisses d’Île-de-France mobilités, qui fait face à des difficultés financières et qui subit « une envolée des coûts de fonctionnement liée à la crise énergétique ». « Je ne vois pas comment on peut atteindre ce montant. Il y aura forcément de la perte en ligne, des gens se détourneront des transports publics parce qu’ils ne pourront plus payer, d’autres vont frauder », prévoit l’élu régional.

D’où une question : l’annonce de ces hausses ne relève-t-elle pas d’un coup de bluff de la part de Valérie Pécresse pour mettre la pression sur le gouvernement ? Pour l’heure, l’exécutif s’oppose à un amendement au projet de loi de finances qui augmenterait la contribution des entreprises de plus de 11 salariés au financement de ces transports. Cela permettrait de n’augmenter le pass Navigo qu’à 80,80 euros.

« On est en train de baisser la fiscalité sur les entreprises notamment industrielles. Il faut être cohérent », a justifié le ministre des Transports sur Europe 1. Mais Clément Beaune ajoute aussitôt qu’il va falloir trouver un moyen d’aider la région Île-de-France. « Des discussions sont en cours, nous verrons dans les prochains jours et prochaines semaines comment on peut aider », a-t-il déclaré.

Car politiquement, le sujet est sensible et chaque partie ne veut pas être tenue pour responsable d’une hausse qui, quel que soit son montant, sera supporté par l’usager.

À voir également sur Le HuffPost :

Lire aussi