"Partygate" : Boris Johnson va-t-il sauver sa tête ?

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L'avenir du Premier ministre britannique Boris Johnson est dans la balance lundi soir, les députés conservateurs ayant voté pour l'évincer, ou non, après des mois de scandale.

Deux ans et demi après sa victoire triomphante dans les urnes, le dirigeant de 57 ans, de plus en plus affaibli et contesté, a été rattrapé par l'affaire du "partygate", les fêtes à Downing Street pendant les confinements, relancée fin mai par un rapport dévastateur détaillant les violations des règles édictées face au Covid.

Les événements se sont précipités lundi matin, à peine refermée la parenthèse festive des célébrations des 70 ans de règne d'Elizabeth II. Le président du comité 1922 du Parti conservateur, Graham Brady, a annoncé que le seuil nécessaire des 54 lettres de députés, soit 15% du groupe parlementaire, demandant le départ de M. Johnson, avait été atteint.

En soirée, les députés et ministres se sont succédé dans une salle du palais de Westminster pour voter, à huis clos et à bulletin secret. Le résultat est attendu vers 21H00 (20H00 GMT).

Pour rester en poste, Boris Johnson, qui a toujours refusé de démissionner, doit obtenir la confiance de la majorité des 359 députés Tories, soit 180 voix.

S'il est défait, une élection interne sera convoquée pour désigner un nouveau leader du parti, qui deviendra le chef du gouvernement, dans un contexte délicat de guerre en Ukraine et d'inflation au plus haut depuis 40 ans.

En cas de victoire, il ne pourra pas être visé par une autre motion de défiance pendant un an, mais son autorité risque d'en sortir considérablement amoindrie.

Plaidant sa cause devant ses troupes, Boris Johnson s'est dit "heureux" que le vote ait lieu : "Si vous m'accordez votre soutien ce soir, nous avons un chance d'arrêter de parler de nous-mêmes et de commencer à parler exclusivement de ce que nous faisons pour les gens de ce pays", a-t-il martelé, selon un responsable du Parti conservateur.

Il a fait miroiter des baisses d'impôts et des coupes d'effectifs dans l'administration, des mesures à même de séduire sa majorité.

Plus de 150 élus lui ont apporté leur soutien dans la journée et ses ministres les plus loyaux ont passé la journée à le défendre à la télévision. Mais après  l'ancien ministre Jeremy Hunt, considéré comme un possible successeur, le chef des conservateurs en Ecosse Douglas Ross a annoncé qu'il voterait contre M. Johnson,  invoquant la "colère" du public concernant les violations des règles sur le Covid.

Selon un sondage publié lundi par YouGov, 60% des Britanniques veulent que les conservateurs évincent leur leader - mais seulement 32% des électeurs de la majorité.

-  Hué pendant le jubilé -

Malgré l'accumulation des scandales et la colère du public et de sa majorité, Boris Johnson s'est maintenu ces derniers mois en mettant notamment en avant son rôle moteur dans la réponse occidentale à l'invasion russe de l'Ukraine.

Il a aussi été favorisé par l'absence de successeur évident dans les rangs des conservateurs, au pouvoir depuis 12 ans au Royaume-Uni, surtout depuis que l'étoile du ministre des Finances Rishi Sunak, longtemps le chouchou du parti, s'est brusquement ternie en raison de sa fortune et des arrangements fiscaux de sa femme en période de hausse du coût de la vie.

Mais l'effondrement de sa popularité a déjà infligé de lourds revers aux conservateurs à des élections locales début mai. La majorité doute de plus en plus de la capacité de "BoJo", hué par la foule pendant les célébrations du jubilé de la reine, à remporter les législatives de 2024.

Outre les appels à la démission annoncés au compte-gouttes depuis la publication du rapport administratif sur le "partygate" fin mai, le député John Penrose, chargé de la lutte contre la corruption auprès de Boris Johnson, a démissionné lundi et invité le Premier ministre à faire de même, estimant qu'il avait enfreint le code ministériel.

S'il remporte le vote de lundi soir, les problèmes ne seront pas finis pour autant pour Boris Johnson.

Fin 2018, Theresa May avait survécu à une motion de défiance avant de démissionner quelques mois plus tard, trop affaiblie.

Une autre enquête sur le "partygate" est en outre prévue, celle-ci parlementaire. Si cette dernière conclut que Boris Johnson a trompé la Chambre des Communes en affirmant ne pas avoir enfreint les règles, il est censé démissionner.

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