Des particules fantômes détectées en Antarctique ouvrent la voie à une nouvelle physique

Felipe Pedreros, IceCube/NSF

À environ 47 millions d’années-lumière de l’endroit où vous êtes assis, le trou noir au centre d’une galaxie nommée NGC 1068 crache des flux de particules énigmatiques”, raconte le site d’information technologique et scientifique CNET. Ces “particules fantômes”, appelées neutrinos, “hantent notre univers mais laissent peu de traces de leur existence”. Ainsi, chaque seconde, des milliards de milliards de neutrinos traversent travers votre corps, sans que vous vous en rendiez compte.

Leur voyage est “continu” dans l’espace, mais les scientifiques n’ont d’autre choix que “d’attendre patiemment leur arrivée” sur Terre pour espérer les détecter, grâce à des dispositifs extrêmement sensibles et complexes. Enfoui sous un milliard de tonnes de glace, à plus de deux kilomètres de profondeur sous l’Antarctique, se trouve l’observatoire “IceCube Neutrino” conçu pour recueillir leur signal élusif, à l’abri de toute interférence.

Dans un article publié le 4 octobre dans la revue Science, l’équipe internationale à l’origine de cette expérience ambitieuse a confirmé qu’elle avait trouvé des preuves de 79 “émissions de neutrinos de haute énergie” provenant de l’endroit où se trouve NGC 1068. Ce qui ouvre la voie à une nouvelle physique : “l’astronomie des neutrinos”.

Le début d’une nouvelle ère

Avec cette source de neutrinos, nous entrons dans une nouvelle ère”, explique l’équipe de recherche. “Il est probable que les neutrinos issus de NGC 1068 aient des millions, voire des milliards de fois plus d’énergie que ceux provenant du soleil ou des supernovæ”, les seuls que nous savions observer jusqu’ici.

“L’univers a de multiples façons de communiquer avec nous”, déclare Denise Caldwell de la National Science Foundation et membre de l’équipe IceCube. “Le rayonnement électromagnétique que nous voyons, les ondes gravitationnelles qui secouent le tissu de l’espace, et les particules élémentaires, telles que les protons, les neutrons et les électrons crachés par des sources localisées”, énumère la scientifique.

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