"Ce parti est en train de se fourvoyer": Mariani (RN) se paye Les Républicains après l'alliance en Paca

Jérémy Maccaud
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Thierry Mariani, invité de BFMTV lundi 3 mai 2021 - BFMTV
Thierry Mariani, invité de BFMTV lundi 3 mai 2021 - BFMTV

C'est une décision politique locale aux conséquences nationales. En se rangeant derrière la liste de droite menée par Renaud Muselier pour les élections régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), la République en marche (LaREM) a suscité la surprise ce dimanche. Si l'objectif est de faire barrage au Rassemblement national, porté par Thierry Mariani, cette décision a également provoqué un sacré embarras du côté des Républicains (LR). Le traditionnel parti de droite a, peu de temps après l'annonce de cette alliance, retiré son investiture à son candidat, pourtant président sortant de la région Paca.

Lors du scrutin de juin, Renaud Muselier, qui s'est depuis défendu "de toute trahison", fera donc face à Thierry Mariani, qui, ironie du sort, était encore membre Les Républicains jusqu'en 2019 avant de rallier les rangs de Marine Le Pen. "Aujourd'hui je constate que le mouvement Les Républicains ont malheureusement évolué dans le sens que vous voyez puisque Monsieur Le Maire, Monsieur Philippe*, Monsieur Darmanin sont au gouvernement" énumère l'eurodéputé RN, invité de RMC et BFMTC ce lundi matin.

"C'est pour ça que j'ai quitté Les Républicains, parce que je pense que petit à petit, ce parti est en train de se fourvoyer, vous en avez encore un exemple ce week-end", justifie la tête de liste du part d'extrême droite sur notre plateau.

"Une clarification"

L'ancien ministre chargé des Transports sous le mandat de Nicolas Sarkozy explique par ailleurs qu'il n'est pas tombé de sa chaise en apprenant la fusion des listes de Sophie Cluzel, qui portait donc les couleurs du parti présidentiel, et de son ancien collègue Renaud Muselier. "Ce qu'il se passe dans cette région est une clarification" préfère dire l'élu RN. "C'est à dire qu'En Marche et Les Républicains, dans la quasi-totalité des cas, marchent ensemble. Monsieur Jacob [président des Républicains, NDLR] interdit un accord au premier tour, mais au second il ne dit rien", prédit notre invité, avant de nous donner rendez-vous à l'entre-deux-tours des régionales, prévues les 20 et 27 juin, pour prouver ses dires.

Sur le rapprochement effectué ce week-end, qui pourrait en appeler de nouveaux dans d'autres régions où le Rassemblement national pour s'imposer, Thierry Mariani s'étonne pour finir qu'on reproche finalement à Renaud Muselier "d'avoir fait un accord, mais trop tôt". Une situation qui lui fait affirmer, pour conclure, que "le seul mouvement d'opposition, c'est le Rassemblement national".

*Édouard Philippe, qui a quitté Matignon en juillet 2020, était encore membre des Républicains au moment de devenir le Premier ministre d'Emmanuel Macron lors de sa victoire en 2017.

Article original publié sur BFMTV.com