Le parti au pouvoir revendique la victoire aux législatives

LE PARTI AU POUVOIR REVENDIQUE LA VICTOIRE AUX LÉGISLATIVES

BAKOU (Reuters) - Le parti du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, Yeni Azerbaïdjan (Nouvelle Azerbaïdjan), a revendiqué dimanche la victoire aux élections législatives anticipées, un scrutin considéré comme un moyen de consolider l'actuel pouvoir.

"Les résultats des sondages de sortie des urnes nous font penser que Yeni Azerbaïdjan a obtenu la majorité des voix", écrit le parti dans un communiqué publié sur son site internet.

Au pouvoir depuis 17 ans, Ilham Aliyeva a déclenché les élections en décembre, neuf mois avant la date prévue. Un choix que des responsables de son parti ont dit mu par la volonté de "soutenir la politique du président en matière de réformes et de changements de personnel".

En octobre dernier, Aliyev avait limogé son influent chef de cabinet, Ramiz Mehdiyev, et nommé un économiste de 62 ans, Ali Asadov, au poste de Premier ministre.

Le président a critiqué le rythme des réformes économiques et dit vouloir éliminer les fonctionnaires du gouvernement ayant atteint l'âge de la retraite, une mesure considérée comme un moyen de se débarasser des gens de l'époque de son père, Heydar Aliyev.

"J'appellerais cela un projet de modernisation autoritaire", a dit à Reuters Thomas de Waal, expert du Caucase au sein du groupe de réflexion Carnegie Endowment for International Peace. "Les anciens bureaucrates de style soviétique sont expulsés et les plus jeunes et les plus professionnels reçoivent des postes de haut niveau."

Riche en pétrole et en gaz, le pays du Caucase du Sud connaît un fort taux de chômage et bon nombre de ses 10 millions d'habitants vivent avec difficulté.

Aliyev détient le pouvoir depuis son élection en octobre 2003, deux mois avant la mort de son père qui dirigeait le pays depuis une décennie. Il a remporté les élections en 2008, 2013 et 2018, et deux référendums distincts ont supprimé la limite fixée à deux mandats présidentiels.

En 2017, il a nommé son épouse Mehriban Aliyeva première vice-présidente, le poste le plus puissant après le sien.

Les pays occidentaux courtisent l'Azerbaïdjan, qui représente une alternative à la Russie pour la fourniture de pétrole et de gaz à l'Europe, mais des groupes de défense des droits de l'homme européens accusent Aliyev de museler la dissidence et d'emprisonner des opposants. Bakou repousse ces accusations.


(Nailia Bagirova et Margarita Antidze, version française Elizabeth Pineau)