Paroles de soignants : portrait d'Antonin Michaux, interne en réanimation

Antonin Michaux est interne dans le service réanimation du CHU de Strasbourg (Bas-Rhin). "Quand on est interne, on sait qu'on va être confronté à ces situations graves : la détresse vitale", témoigne-t-il. Selon lui, il faut se mettre à la place des patients, "essayer d'éprouver ce qu'ils peuvent ressentir à ce moment-là". Le lien humain est le cœur de son métier. "On y retourne avec les mêmes moyens" "On ne pourra pas vider 75%, 80% des réanimations en trois jours parce qu'il y a un afflux de patients Covid", explique Antonin Michaux. Il voit la situation se dégrader à l'hôpital. L'état d'une patiente, arrivée dans l'après-midi, s'est dégradé. Les soignants ont été contraints de l'intuber et de la placer dans un coma artificiel, branchée à un respirateur. "Si la deuxième vague est, en proportion, aussi grande que la première, on pas construit un hôpital avec des nouveaux lits de réanimation, on n'a pas pu former des médecins réanimateur, des infirmiers de réanimation en un été. On y retourne avec les mêmes moyens", s'inquiète Antonin Michaux.