La parole publique, levier de la paix sociale

Libération.fr

Les auteurs du rapport de la CNCDH corrèlent les niveaux d’apaisement du débat public et de tolérance dans la société.

un enseignement ressort du rapport que publie la CNCDH : le poids de la parole politique et du débat public dans la consolidation des préjugés, ou, a contrario, dans l’acceptation de l’autre. De quoi, en cette période électorale, rappeler la responsabilité qu’ont les leaders d’opinion dans le climat social du pays. Comment expliquer que la tolérance des Français ne cesse de croître depuis 2013, dans une période anxiogène liée aux attentats ? «Un attentat ne crée pas forcément de l’intolérance, explique Vincent Tiberj, politologue qui a participé au rapport. Le récit qui l’accompagne, écrit par les politiques, les "grandes voix", les médias, les responsables associatifs ou religieux est déterminant.» C’est ce que les chercheurs appellent «l’effet de cadrage».

Union. Deux événements en sont l’illustration. Lors des émeutes de 2005 dans les quartiers populaires, l’indice de tolérance de la CNCDH marque une violente chute. «La lecture qui l’emporte alors est celle d’"émeutes" qui seraient le fait de "jeunes délinquants" associés à "l’islamisation des banlieues"», rapporte Nonna Mayer, directrice de recherche au CNRS-Sciences-Po et coauteure du rapport. Au contraire, après l’attentat de Charlie Hebdo, dans les discours comme dans la rue, c’est l’union nationale qui domine. Quand, deux mois plus tard, la CNCDH saisit l’opinion, surprise pour les chercheurs : la tolérance à l’égard des musulmans et des Maghrébins progresse, tendance confirmée par la suite. «Après le Bataclan, la solidarité s’exprime à nouveau à travers l’idée : "Nous sommes tous de potentielles victimes, quels que soient la religion, le milieu ou l’origine"», poursuit Nonna Mayer. Nouveau coup de sonde en janvier 2016 : nouveau progrès de l’indice de tolérance.

On ne peut pourtant pas dire que, depuis deux ans, les idées progressistes (...)

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