Parole à la défense dans le procès des attentats du 13-Novembre

Après l'accusation, parole à la défense. Au procès des attentats du 13-Novembre, les avocats de Salah Abdeslam et de ses treize coaccusés présents devant la cour d'assises spéciale de Paris commencent à plaider lundi et pour deux semaines.

L'audience reprend à 12h30. Elle s'était achevée vendredi après-midi avec les peines réclamées à l'encontre des vingt hommes jugés depuis neuf mois pour leur participation aux attentats qui ont fait 130 morts et près de 450 blessés à Paris et à Saint-Denis, le 13 novembre 2015.

Pour les avocats des quatorze accusés comparaissant devant la cour -six autres, dont cinq hauts cadres du groupe jihadiste Etat islamique présumés morts en Syrie, sont jugés en leur absence-, c'est l'heure de répondre aux arguments de l'accusation. Et la dernière chance de convaincre la cour.

Perpétuité incompressible requise contre Salah Abdeslam

Olivia Ronen et Martin Vettes, avocats du seul membre encore en vie des commandos, Salah Abdeslam, plaideront en dernier, le 24 juin.

Vendredi, au terme de trois jours d'un réquisitoire à trois voix, le parquet national antiterroriste (Pnat) a requis contre leur client la sanction la plus lourde prévue par le code pénal: la réclusion criminelle à perpétuité incompressible.

Cette peine rarissime -prononcée à quatre reprises seulement- rend infime la possibilité d'un aménagement de peine.

Le Français de 32 ans, qui a soutenu avoir "renoncé" à actionner sa ceinture d'explosifs le soir du 13 novembre 2015, est le seul dans le box à être jugé comme co-auteur des attaques jihadistes qui ont "épouvanté" et "sidéré" la France. "Il a le sang de toutes les victimes sur ses mains", a dit le Pnat.

Pour le ministère public, qui ne s'est pas laissé émouvoir par les larmes ni les excuses de Salah Abdeslam lors de son dernier interrogatoire, le principal accusé a adopté tout au long du procès "une stratégie de minimisation constante des faits" et s'est montré "incapable d'exprimer le moindre remords".

La perpétuité incompressible a également été requise contre Oussama Atar, "cerveau" des attentats pilotés par l'Etat islamique depuis la Syrie, présumé mort en 2017.

Perpétuité avec période de sûreté requise contre les complices

Contre les "complices" des attentats, tous membres d'une même cellule jihadiste dont les commandos étaient "interchangeables", le Pnat a aussi requis la perpétuité, en demandant que la période de sûreté soit modelée selon leur degré d'implication.

Trente ans de sûreté ont ainsi été réclamés à l'encontre du Suédois Osama Krayem et du Tunisien Sofien Ayari, deux "combattants aguerris" de l'Etat islamique qui devaient selon l'accusation commettre un attentat à l'aéroport d'Amsterdam ce même 13 novembre 2015 et qui ont rebroussé chemin à cause d'un "imprévu".

Le Pnat a requis la perpétuité assortie de 22 ans de sûreté contre deux hommes clés, le "logisticien" Mohamed Bakkali, "pièce centrale" de la cellule, et Mohamed Abrini, "l'homme au chapeau" des attentats de Bruxelles qui était aussi "prévu" à Paris mais qui a renoncé. La défense de ce dernier plaidera le 23 juin.

Prison requise contre "les petites mains"

Des peines allant de cinq ans d'emprisonnement à seize ans de réclusion ont par ailleurs été demandées contre plusieurs accusés impliqués à des degrés divers dans l'assistance apportée à la cellule.

Les avocates Marie Dosé et Judith Lévy seront lundi les premières à se lever pour la défense de l'un d'eux, Ali Oulkadi, jugé pour avoir aidé Salah Abdeslam au début de sa cavale et ne pas l'avoir dénoncé.

"Si vous saviez comme je m'en veux", avait-il dit d'une voix tremblante aux victimes lors de son dernier interrogatoire. Avant cela, il avait interpellé Salah Abdeslam, l'accusant d'avoir "gâché" sa vie.

Le Pnat a requis la peine la plus basse -5 ans- à son encontre. Le Français de 37 ans, qui comparait libre comme deux autres accusés, ne devrait pas retourner en détention si cette réquisition était suivie.

Plus tard dans la journée, la parole sera donnée aux avocats de Hamza Attou, jugé pour avoir pris la route depuis Bruxelles avec son coaccusé Mohammed Amri (sa défense plaidera mardi) la nuit du 13 au 14 novembre, pour aller chercher Salah Abdeslam à Paris.

Les accusés auront la parole en dernier le lundi 27 juin, avant que la cour ne se retire pour délibérer. Le verdict est attendu le 29 juin.

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