Comment parler de la vaccination aux élèves? Les enseignants prêts à "expliquer", pas à "inciter"

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Rentrée dans un collège à Vincennes le 1er septembre 2020 - Martin BUREAU © 2019 AFP
Rentrée dans un collège à Vincennes le 1er septembre 2020 - Martin BUREAU © 2019 AFP

Cette année encore, la rentrée scolaire s'accompagnera des problématiques liées au Covid-19, mais aussi de celles concernant la vaccination, ouverte au début de l'été aux enfants de plus de 12 ans. Actuellement, près de 63% des 12-17 ans ont reçu au moins une dose de vaccin, et 45,5% présentent un schéma vaccinal complet.

Sur le site Eduscol, il est aujourd'hui écrit que l’Éducation nationale doit, "sans être prescriptive, contribuer à éclairer" la décision de la vaccination des élèves. En ce sens, "les enseignants qui le souhaitent sont invités à animer un débat au sein de leur classe en présentant les avantages et les inconvénients, directs et indirects, de la vaccination en général, et contre la Covid-19 en particulier".

Le gouvernement avait, dès juin, mis au point un guide à destination des professeurs pour débattre avec les élèves de la vaccination. Une note du Conseil d’Orientation de la Stratégie Vaccinale datée de juin qualifiait les enseignants "d’ambassadeurs de la vaccination", appelant à ce qu'ils soient outillés pour répondre aux questions des élèves sur le sujet.

"On ne va pas inciter à la vaccination"

"Les collègues qui s'en saisiront doivent rester sous l'angle scientifique, expliquer ce qu'est la vaccination, peut-être aussi de façon historique, mais on ne va pas inciter à la vaccination", explique à BFMTV.com Frédéric Marchand, secrétaire général du syndicat l'UNSA Éducation. Pour lui, "il est difficile de dire combien d'enseignants se saisiront" de la question dans leurs classes.

Les enseignants font leur pré-rentrée ce mercredi, avant le retour des élèves jeudi, et ce sujet devrait être discuté par les équipes pédagogiques pour savoir comment l'aborder. Elles "sont capables de penser à ces problématiques-là", souligne Frédéric Marchand. Sur son site Eduscol propose une forme de scénario de débat à destination des élèves et des professeurs sur la vaccination, mais d'après les professeurs interrogés, s'il y a discussion sur la vaccination, ce ne sera pas forcément sous cette forme-là.

Le sujet sera de toute façon abordé, car la vaccination fait partie du programme de biologie. "Je suis professeure de SVT, et la vaccination, c'est un sujet qui a toujours fait partie de nos programmes, donc je vais le faire mais dans le cadre de ma profession. Maintenant, ils sont mineurs, et c'est à leurs parents de prendre la décision", explique à RMC Valérie Degoy, qui enseigne en lycée.

"L'école traite d'un certain nombre de sujets relatifs à ces questions-là", complète auprès de BFMTV.com Jean-Rémi Girard, président du SNALC (Syndicat national des lycées et collèges). Au-delà de la SVT, il cite par exemple les cours d'éducation civique, "lors desquels sont travaillées les questions du rapport à l'autre en société". Et globalement, à l'école "on apprend aux élèves à développer leur esprit critique, à prendre du recul", ajoute-t-il.

Certains profs "pas forcément au point" sur la vaccination

D'autre part, tous les enseignants ne sont pas formés et suffisamment informés pour répondre aux questions que se poseraient des élèves. Professeur de lettres en lycée, Jean-Rémi Girard souligne que lui et ses collègues "ne seront pas forcément au point pour expliquer la vaccination". "Moi, en tant que professeur de français, je me prépare parce que, du coup, je n'ai pas la base scientifique", développe à RMC Cécile Chandavoine, professeure de français en collège.

Faire passer ce sujet par les infirmiers et infirmières scolaires serait, pour certains, plus logique, mais ils ne sont pas assez nombreux pour couvrir toutes les classes dans tous les établissements.

Pas question en tout cas pour ces enseignants de se faire porte-paroles du gouvernement: "il ne faut pas qu'on nous demande d'aller convaincre des élèves, mais de les laisser se faire une opinion éclairée qui repose sur des faits, et pas sur des fausses informations", insiste Frédéric Marchand.

Article original publié sur BFMTV.com

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