Parler avec les jihadistes ? Le dilemme qui agite le Mali

Libération.fr

C’est un sujet embarrassant pour Bamako qui a ressurgi ce mois-ci. Faut-il dialoguer avec les jihadistes maliens ? La suggestion est contenue dans une ligne du rapport de la Conférence d’entente nationale qui s’est tenue fin mars. La question est évoquée depuis longtemps par les autorités à Bamako. Mais jamais à voix haute, car l’idée déplaît à Paris. Depuis 2013, la France a déployé des milliers d’hommes contre les groupuscules jihadistes au Sahel. Dix-neuf y sont morts, certains dans des attaques revendiquées par des islamistes maliens.

Derrière ce dilemme, un cas très concret fait débat. Celui d’Iyad ag-Ghaly, chef du groupe jihadiste Ansar ed-Dine. «Iyad», comme l’appellent les Maliens, est un vétéran des guerres du Sahara. Il fut dans les années 90 une figure de la rébellion touareg, jusqu’à la dissolution en 1996 de son Mouvement populaire de l’Azawad après un accord de paix.

A la fin des années 2000, il entre en contact avec des islamistes radicaux tout en restant un relais utile de Bamako dans le Sahara, où il est sollicité pour négocier la libération d’otages occidentaux aux mains d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi). C’est l’occupation des villes du nord du Mali, en 2012, qui consacre son basculement dans la sphère jihadiste. Iyad est alors le lien entre les cadres d’Al-Qaeda et les Touaregs maliens. Son organisation Ansar ed-Dine est fondée à cette époque. Depuis l’intervention française, elle a plongé dans la clandestinité et revendique des actions de harcèlement contre les forces françaises, les Casques bleus ou l’armée malienne.

«A la différence d’Al-Qaeda, Ansar ed-Dine n’a jamais kidnappé, ni commis des attentats à l’aveugle contre les civils, souligne Pierre Boilley, chercheur à l’Institut des mondes africains. Mais actuellement, Iyad ne donne aucun signe d’ouverture. Au contraire, il semble même s’éloigner : comment dialoguer avec quelqu’un qui a pour seul agenda l’instauration d’un califat et la propagation de la foi ?»

A Paris, le principe de (...)

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