Le Parlement français ratifie l'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'Otan

L'Assemblée nationale le 28 juin à Paris (illustration) - Christophe ARCHAMBAULT / AFP
L'Assemblée nationale le 28 juin à Paris (illustration) - Christophe ARCHAMBAULT / AFP

L'Assemblée nationale a approuvé ce mardi soir l'adhésion de la Finlande et de l'Ukraine à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan). 209 députés ont voté pour et 46 ont voté contre le projet de loi "de ratification de deux protocoles au traité de l’Otan portant sur l’adhésion de la Finlande et la Suède."

La majorité présidentielle (Renaissance, Horizons, MoDem) ont voté pour, tout comme Les Républicains, les socialistes et les écologistes. En revanche, les députés insoumis et communistes ont voté contre. Les 51 députés du Rassemblement national présents ce mardi ont quant à eux décidé de s'abstenir.

La semaine dernière, le Sénat avait adopté par une écrasante majorité le texte (323 pour, 17 contre). Mais des parlementaires ont, au Sénat comme à l'Assemblée nationale, dénoncé le "chantage" de la Turquie, qui a levé son véto à l’adhésion des deux pays nordiques en échange de l’extradition d’opposants kurdes.

La Suède et la Finlande, neutres de longue date, ont indiqué ces dernières semaines vouloir rejoindre l'Otan en raison de la menace grandissante de la Russie, qui mène la guerre en Ukraine.

"Décision historique et majeure"

La France rejoint "vingt alliés" qui "ont déjà ratifié les protocoles", a indiqué la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna. La cheffe de la diplomatie française a souligné la "décision historique et majeure" de la Suède et de la Finlande dont "la neutralité constituait jusqu'ici un principe cardinal."

Ce "tournant" provient du "bouleversement de nos repères géopolitiques" avec l'invasion russe en Ukraine, le recours d'une "puissance" à "la force brute" avec une "violence inouïe", des "exactions, viols, assassinats et déportations", a fustigé la ministre.

Avec l'Otan, il "s'agit de défense collective" et "en aucun cas d'être offensif", a rappelé Catherine Colonna.

Une adhésion "nécessaire"

"Pour l'Otan, c'est l'heure du réveil" après "la mort cérébrale" décrite par Emmanuel Macron, a estimé le président centriste de la Commission des Affaires étrangères Jean-Louis Bourlanges (MoDem, centriste). L'insoumis Aurélien Saintoul a de son côté dénoncé un "processus dangereux" avec la "superposition de l'Otan" et de l'Union Européenne.

A l'extrême droite, Laurent Jacobelli (RN) a critiqué "un signal de défi à la Russie", avec ce processus d'adhésion, en présentant l'Otan comme une "vitrine commerciale du complexe militaro-industriel" des Etats-Unis.

La droite LR a soutenu cette adhésion "légitime" de "partenaires" qui "contribuent régulièrement aux opérations de l'Otan". Le socialiste Alain David a lui jugé que le contexte géopolitique rendait cette adhésion à l'Otan "nécessaire". Il a toutefois critiqué "l'odieux chantage de la Turquie" sur le sujet, à propos des Kurdes.

Article original publié sur BFMTV.com

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