Le Parlement irakien veut chasser l'armée américaine du pays

Dimanche après-midi, le Parlement de l'Irak a adopté une décision exigeant que prenne fin la présence des «troupes étrangères» dans le pays. C'est une conséquence directe de l'assassinat par les Etats-Unis du général iranien Qassem Soleimani et de l'Irakien Abou Mehdi al-Mouhandis.

Environ 6000 soldats des Etats-Unis sont actuellement déployés en Irak, selon une estimation publiée samedi par le «Washington Post». D'abord présent pour assister les forces irakiennes et contribuer au combat contre le groupe Etat islamique, ce contingent n'a pas grand chose à voir avec l'énorme déploiement militaire qui a suivi l'invasion de 2003, avec un pic de 170 000 soldats atteint en 2007. Néanmoins, le contexte d'extrême tension entre les Etats-Unis et l'Iran, puissant voisin de l'Irak, a rendu la présence des militaires américains particulièrement sensible. Dimanche, le Parlement irakien a demandé au gouvernement «mettre fin à la présence des troupes étrangères» dans le pays. Pour ce faire, les députés ont voté un texte qui «contraint le gouvernement à préserver la souveraineté du pays en retirant sa demande d'aide» à la communauté internationale pour combattre Daech, selon le chef du Parlement, Mohammed al-Halbouss, cité par l'AFP.

Adoptée lors d'une séance extraordinaire retransmise par la télévision d'Etat en direct, cette mesure est une réponse directe à l'assassinat par drone du général iranien Qassem Soleimani et de l'Irakien Abou Mehdi al-Mouhandis. Les partisans de l'Iran soutenaient de longue date le départ des troupes américaines, dans un contexte où les protestations se sont multipliées aussi contre Téhéran. Des manifestants interrogés par l'AFP considèrent les deux pays comme des «occupants». Les récentes attaques américaines sur le sol irakien «violent la souveraineté» du pays, selon un étudiant interrogé à Kerbala par l'agence de presse.

Une décision adoptée sans les kurdes et les sunnites

Le «New York Times» souligne que les conditions du débat au Parlement sont le reflet de ce double rejet.(...)


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