Le Parlement finlandais fait un pas de plus vers une adhésion à l'Otan

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De tous les pays européens qui voudraient rejoindre l’Otan, la Finlande est sûrement celui qui a le plus avancé sur cette voie. La semaine dernière, le gouvernement a présenté un rapport détaillé présentant les implications d’une éventuelle adhésion. Ce mercredi, ce rapport a été discuté au Parlement finlandais, durant tout l’après-midi.

Lors ce débat, huit groupes parlementaires sur dix se sont prononcés pour une adhésion à l’Otan. Le parti d’extrême droite des Vrais finlandais y est devenu favorable, comme le Parti du centre, très présent dans les campagnes, et les Verts, qui viennent tout juste de changer leur ligne politique. Quant aux Sociaux démocrates, le parti le plus important de la coalition au pouvoir, ils ont souhaité que la Finlande rejoigne une alliance militaire, sans cependant prononcer le nom Otan, rapporte notre correspondant à Stockholm, Frédéric Faux.

Chacun a son idée sur ce que la Finlande devra accepter pour bénéficier de la protection de ses futurs alliés, mais beaucoup insistent sur un point : cette adhésion ne peut se faire sans celle du voisin suédois, avec lequel les liens militaires et politiques sont très forts.

Une question de semaines

La population finlandaise étant déjà acquise à l’Otan, la prochaine étape pourrait être un vote du Parlement qui demanderait officiellement cette adhésion. Une décision qui, selon la Première ministre Sanna Marin, n’est qu’une question de semaines, et qui pourrait être annoncée lors du prochain sommet de l’Alliance atlantique qui se tiendra à Madrid, en juin prochain. Il est « très probable » que la Finlande soit candidate, avait reconnu vendredi la ministre finlandaise des Affaires européennes, Tytti Tuppurainen.

Longtemps partagés sur la question, les 200 membres de l'Eduskunta, le Parlement finlandais, semblent majoritairement en faveur de l'adhésion, selon des pointages des médias, qui n'ont relevé que 12 oppositions. « Il est clair que les actions de la Russie nous ont grandement rapprochés d'un alignement militaire », car Moscou « est devenu impitoyable, imprévisible et agressif », a jugé Antti Lindtman, parlementaire du Parti social-démocrate au pouvoir, lors du débat, sans aller jusqu'à déjà annoncer un revirement de son mouvement, historiquement réticent à intégrer l'Otan.

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Sans exprimer de recommandation formelle, un « livre blanc » remis la semaine dernière par le gouvernement aux parlementaires souligne que seule une adhésion à l'Otan permet de bénéficier du « parapluie » de son article 5 de défense collective. Même s'il a rompu avec sa stricte neutralité à la fin de la Guerre froide et adhéré à l'Union européenne en 1995, le pays nordique n'est aujourd'hui que partenaire de l'Otan. Rejoindre les 30 membres de l'alliance apporterait une dissuasion « considérablement plus grande » contre une attaque russe, selon le livre blanc.

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