Le Parlement européen appelle à restreindre la pêche au chalut mais sans l'interdire dans les zones maritimes protégées

Le Parlement européen a voté mardi 3 mai à Strasbourg en faveur d'un rapport d’initiative sur « l’économie bleue durable » consacré à l'océan. Ce texte non-contraignant aborde la question de la pêche au sein de l'Union européenne et notamment celle de la pêche au chalut, celle qui vient racler les fonds marins dans les zones marines protégées. Les associations environnementales et les écologistes espéraient la voir totalement interdite à cause de son action néfaste sur les écosystèmes, mais un amendement introduit par le groupe Renew, macroniste, a été voté et approuvé. Et selon ses détracteurs, cet amendement vient réduire considérablement la portée du texte et du message envoyé à la Commission européenne.

Avec notre correspondant à Strasbourg, Jean-Jacques Héry

Au départ, le rapport préconise l’interdiction totale du chalutage de fonds dans les aires marines protégées de l’UE, mais avant le vote, le député macroniste Pierre Karleskind et son groupe parlementaire Renew proposent un amendement qui viendrait limiter cette interdiction à un périmètre plus réduit dans une partie des aires marines protégées seulement, les zones marines dont l’écosystème est jugé le plus menacé par les scientifiques.

Pierre Karleskind est l’auteur de l’amendement controversé et finalement voté mardi après-midi. « C’est de l’écologie pragmatique, dit-il, il y a un moment où on regarde où est-ce que c’est effectivement le plus pertinent. Les aires marines protégées c’est 45% des eaux métropolitaines françaises, le chalut c’est 80% des apports dans les ports de pêche, par exemple au Guilvinec 90% des bateaux de pêche seraient cloués à quai parce que tout simplement dès que vous sortez du Guilvinec vous êtes dans des aires marines protégées. »

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Claire Nouvian, fondatrice de l’ONG Bloom, avait lancé une campagne dès la semaine dernière pour dénoncer l’initiative du groupe Renew : « C’est la mauvaise foi typique de tous ces pouvoirs publics qui ont accompagné le secteur de la pêche vers son désastre écologique et économique, et social. L’amendement de la République En Marche est un amendement régressif, dangereux, pro-lobby, on est épouvantés. »

Rappelons que ce texte est un rapport d’initiative sans obligations législatives, c’est un signal envoyé à la Commission européenne qui écrira ensuite la loi en le prenant plus ou moins en compte.

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