Parkinson : comment l’exercice physique peut aider à ralentir le déclin cognitif

Johanna Amselem
·3 min de lecture
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Les patients touchés par la maladie de Parkinson, et possédant un variant spécifique, peuvent connaître un déclin cognitif plus rapide et plus précoce que les autres.

Les bienfaits de l’activité physique sur la santé ne sont plus à démontrer. Pour les plus de 18 ans, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande de consacrer au moins 150 à 300 minutes par semaine à une activité d’endurance d’intensité modérée ou de pratiquer au moins 75 à 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue.

En France, plus de 160 000 personnes sont atteintes de la maladie de Parkinson. C’est d’ailleurs la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente, derrière la maladie d'Alzheimer, et la deuxième cause de handicap moteur chez l'adulte après les accidents vasculaires cérébraux (d’après les chiffres de la Fondation pour la Recherche Médicale). Pour les personnes atteintes par la maladie de Parkinson, les problèmes de réflexion et de mémoire font partie des symptômes non moteurs les plus courants. Selon une récente étude, l'exercice pourrait aider à ralentir le déclin cognitif de certains patients. Les conclusions ont été publiées le 31 mars dans Neurology.

Les auteurs rappellent que les personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui ont certains variants peuvent connaître un déclin cognitif plus rapide et plus précoce. L'étude a examiné si l'exercice pouvait jouer un rôle dans le ralentissement du déclin cognitif chez les personnes concernées par ce variant. "Les problèmes de capacité de réflexion et de mémoire peuvent avoir un impact négatif sur la qualité de vie et la capacité de fonctionner des gens, il est donc passionnant que l'augmentation de l'activité physique puisse avoir le potentiel de retarder ou de prévenir le déclin cognitif", a déclaré l'auteur de l'étude Jin-Sun Jun de l'Université Hallym à Séoul (Corée).

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Un déclin cognitif réduit

Cette étude a été réalisée auprès de 173 patients atteints par la maladie de Parkinson. Tous étaient âgés d’environ 59 ans quand la maladie est apparue. Parmi eux, 27% possédaient le variant en question. Marche, vélo, jardinage, etc. l’ensemble du panel a précisé la quantité d’activité physique pratiquée la semaine précédente. Les patients ont également testé leurs capacités de réflexion au début de l'étude, puis un et deux ans plus tard. Dans l'ensemble, les scores au début de l'étude étaient en moyenne de 26 points. Pour les personnes atteintes du variant du gène APOE e4, les résultats des tests ont diminué en moyenne de 1,33 point à la fin de l'étude.

Fait intéressant, les chercheurs ont constaté qu'une plus grande activité physique au début de l'étude réduisait le déclin cognitif lié à l'APOE e4 deux ans plus tard de 0,007 point en moyenne. "Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer nos découvertes, mais ces résultats soutiendraient l'utilisation d'interventions qui ciblent l'activité physique comme moyen de retarder le déclin cognitif chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson précoce qui ont la variante du gène APOE e4", a résumé le chercheur.

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