A Paris, Ukrainiens et Russes célèbrent ensemble le Noël orthodoxe

Les célébrations du Noël orthodoxe à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de Paris, le 6 janvier 2023  - BFMTV
Les célébrations du Noël orthodoxe à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de Paris, le 6 janvier 2023 - BFMTV

La guerre dans tous les esprits. Alors que le Noël orthodoxe est célébré ce samedi, 150 fidèles étaient réunis pour une prière vendredi soir à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky, dans le VIIIe arrondissement parisien. Parmi eux, des Russes et des Ukrainiens, qui tous, sans animosité les uns pour les autres, appellent à la fin du conflit débuté en février dernier.

"Il faut une prière pour les gens qui souffrent en Ukraine", assure Tatiana à notre caméra, une Russe de Paris.

Signe de cette amitié malgré la situation actuelle, le témoignage de Mikaelo, un étudiant ukrainien en France depuis huit mois pour échapper à l'invasion russe, qui assure que son pays a "beaucoup d’aides surtout de cette église et de la communauté orthodoxe russe."

Pas de politique, mais quelques critiques

Pour ce premier Noël fêté depuis le début de la guerre, uen certaine animosité pouvait être crainte entre les membres des deux communautés. Il n'en est rien, assure auprès de BFMTV Alexandre Jevakhoff, marguillier de la cathédrale.

"Les gens de la paroisse sont là pour prier pour la naissance du Christ, le reste est en dehors du contexte et du milieu religieux. Je sais qu’il y a vraisemblablement au sein de la paroisse des gens qui ont une position politique, mais il n’y a pas de débats à l’intérieur de l’église, ce n‘est pas le lieu", souligne-t-il.

A notre caméra, certains participants à cette messe chargée en émotion se laissent pourtant aller à un commentaire politique.

"Tous nos cœurs vont vers le peuple ukrainien, pour les gens qui souffrent pour rien, pour une cause qu’un seul homme a décidé. Cette guerre ne devait pas avoir lieu", martèle Anna, une Russe qui vit en France depuis 15 ans.

Un cessez-le-feu "cynique"

Sur le terrain, les duels d'artillerie se sont poursuivis vendredi à Bakhmout, le point chaud du front dans l'est de l'Ukraine, et les bombardements dans d'autres régions malgré l'annonce par Moscou d'un cessez-le-feu unilatéral de 36 heures, et alors que les Etats-Unis ont promis une nouvelle aide militaire massive à Kiev.

Les États-Unis ont estimé que les frappes conduites vendredi dans l'est de l'Ukraine montraient que le cessez-le-feu annoncé par Vladimir Poutine pour le Noël orthodoxe constituait une démarche "cynique".

Article original publié sur BFMTV.com