Paris: les toxicomanes interdits d'accès au Jardin d'Eole

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Le Jardin d'Eole, ce parc du nord-est parisien où les consommateurs de crack avaient été regroupés provisoirement, leur est désormais interdit d'accès, a constaté l'AFP mercredi.

La maire de Paris Anne Hidalgo, qui s'est rendue sur place mercredi matin, avait fixé à ce mercredi 30 juin la date butoir pour que ce parc "redevienne un jardin pour les riverains".

Au côté de ses adjoints et des maires d'arrondissement du nord-est parisien, l'édile PS a affirmé mercredi matin qu'elle "ouvrirait des lieux" d'accueil des toxicomanes si l'Etat "ne prend pas ses responsabilités".

Les toxicomanes, qui habituellement quittaient le parc la nuit, étaient toujours présents aux abords du parc dans la matinée, mais étaient empêchés d'entrer par une cinquantaine d'agents municipaux. Dans un premier temps, seule une des trois portes du parc restait ouverte pour filtrer les entrées.

Celui-ci a été nettoyé et des activités "positives" voulues par la mairie - ferme urbaine avec chèvres en semi-liberté, jeux, buvette - commençaient à se déployer.

"J'ai fait plusieurs propositions à l'État" de lieux de "prise en charge thérapeutique" des toxicomanes, devenus un fléau pour les riverains du quartier de Stalingrad, a déclaré Mme Hidalgo. "Si ces propositions ne sont pas suivies d'effet, et bien nous prendrons nos responsabilités et nous ouvrirons des lieux avec des médecins, avec des psychiatres, avec des infirmiers et des infirmières, avec les associations."

"Nous aurons la mise en place de ce type de lieux ici aussi à Paris. Donc si l'État ne prend pas ses responsabilités, nous les prendrons", a réaffirmé la possible candidate du PS à l'élection présidentielle qui vise "une ouverture à la rentrée", selon un communiqué de la mairie.

Une salle de consommation à moindre risque (SCMR) existe à Paris, près de la gare du Nord, depuis 2016. Mais si le ministère de la Santé a officialisé début juin son souhait d'autoriser durablement l'existence de ces "salles de shoot", les discussions entre l'exécutif parisien, la préfecture de police et le gouvernement, relancées par les tensions entre riverains et toxicomanes, n'ont pas encore abouti.

Début juin toujours, Anne Hidalgo avait écrit au Premier ministre Jean Castex pour lui demander l'ouverture à Paris et dans sa proche banlieue de lieux tels que des "postes d'inhalation supervisée, avec encadrement médical et infirmier", et ce "dès cet été".

Afin de soulager les habitants du quartier de Stalingrad, les consommateurs de crack étaient regroupés depuis la mi-mai, le soir, dans ce lieu que les toxicomanes avaient l'habitude de fréquenter en journée avant de migrer vers Stalingrad, 500 mètres plus loin, pendant la nuit.

Le jardin public leur était officiellement ouvert jusqu'à 01H00 du matin, suscitant des tensions dans le voisinage. Samedi, des toxicomanes avaient été visés par des tirs de mortier d'artifice, rappelant des faits similaires survenus dans le quartier de Stalingrad début mai.

Au jardin d'Eole, "la violence et l'insécurité se sont accrues et la +scène ouverte+ a encouragé la consommation compulsive, favorisé des pratiques dangereuses et des comportements incompatibles avec la prise en charge des toxicomanes", reconnaît la mairie pour justifier la fin de cette "solution temporaire d'accueil" qu'elle avait acceptée.

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