"Paris pieds nus" : après "Rumba", l'esprit Jacques Tati toujours à l'oeuvre

Jacky Bornet
A l'heure de la disparition de Pierre Etaix en octobre 2016, réalisateur-collaborateur de Jacques Tati, Fiona Gordon et Dominique Abel renouvellent leur style pantomimique adapté au cinéma. Après "L'Iceberg", "Rumba" et "La Fée", "Paris pieds nus" chemine sur les traces d'un cinéma hors les codes en revenant à ceux qui les ont engendrés, la gestuelle, le mélodrame, l'humour, l'image graphique...

Artisanat

Alors que les blockbusters déploient de plus en plus de prouesses techniques, d'effets spéciaux et d'esbroufes, parfois avec talent, souvent avec laxisme, que la comédie tire sur des ficelles répétitives, tuant toute originalité et surprise, "Paris pieds nus" renoue avec une simplicité efficace et rafraichissante. Certes il s'agit de l'éternel rencontre entre un homme et une femme, mais tout le sel repose ici sur les choix de mise en scène de Fiona Gordon et Dominique Abel, auteurs du script, de la réalisation et acteurs, qui remontent aux sources artisanales du cinéma.

C'est un festival chorégraphique, de couleurs et de sons, proche du cartoon, auquel convie "Paris pieds nus". Un "petit théâtre", comme l'entendait Renoir, adapté au mouvement, au rythme, à la gestuelle du cinéma. Film contorsionniste, au propre et au figuré, cette nouvelle collaboration Gordon et Abel est bien dans la continuité créatrice de leurs pairs, Jacques Tati et Pierre Etaix.

Burlesque

Du premier au dernier plan "Paris pieds nus" distille un charme irréaliste pour mieux parler de la réalité contemporaine. Celle des rapports humains, de l'égoïsme et de l'altruisme, de la place de l'étranger dans la ville, du paria social, de l'amour, de l'incommunicabilité, de la vieillesse, de la mort, du dévouement... Fiona Gordon et Dominique Abel reviennent aux fondamentaux du cinéma. Au burlesque, inventé par les frères Lumière avec "L'Arroseur arrosé" dès 1895, suivis par Méliès, Linder, Chaplin, Lloyd, Keaton, que l'on retrouve dans chaque plan. Mais renouvelés, jamais copiés.

Pas étonnant alors de retrouver au générique Pierre Richard, acteur pantomimique s'il en est. Quant à Emmanuelle Riva, tout juste disparue des écrans et des planches le 27 janvier dernier, elle incarne aussi cette mémoire du cinéma dans un contre-emploi délicieux (on la reverra sous peu dans deux autres films, "Aujourd'hui maman est morte" et "La Sainte famille"). Ce n'est cependant pas le passéisme qui (...)

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