Paris : il meurt mordu par un rat dans son appartement, sa fille porte plainte

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La plaignante est forcée de cohabiter avec les rongeurs depuis 2007 (Photo : Getty Images/iStockphoto)

Quelques années après le décès de son père d'une septicémie, une habitante du XIXe arrondissement de Paris a décidé d'intenter une action en justice contre son bailleur social.

Elle porte plainte pour "homicide involontaire" et "mise en danger de la vie d'autrui". Résidant depuis des années dans un appartement insalubre du XIXe arrondissement de la capitale, une mère de famille âgée de 37 ans a décidé de poursuivre en justice son bailleur social, Paris Habitat, coupable selon elle de n'avoir rien fait pour réhabiliter le logement, infesté par les rongeurs.

Le paradis des parasites

Comme l'explique Le Parisien, l'appartement en question est situé en rez-de-jardin d'un vieil immeuble, "accolé au local aux poubelles". Cette disposition particulière, combinée au grave état de délabrement dans lequel se trouve le bâtiment, fait de ce logement un véritable paradis pour les parasites, qui ne se privent pas pour en profiter.

Selon le quotidien francilien, des dizaines de rongeurs se sont ainsi installés dans cet immeuble et cohabitent avec les résidents humains, se nourrissant des déchets du local à poubelle et laissant d'innombrables déjections dans les recoins des différents appartements. 

"Le moindre bruit me réveille"

En 2016, les indésirables mammifères ont même provoqué une tragédie. Après une opération médicale, le père de l'occupante de l'appartement du rez-de-jardin, qui résidait avec elle, avait dû passer quelques jours de convalescence alité. Âgé de 77 ans, le malheureux avait été mordu dans son sommeil par un rongeur, ce qui avait provoqué une septicémie et finalement la mort du septuagénaire, quelques mois plus tard.

"Je n’arrive pas à faire le deuil, témoigne la fille du défunt dans les colonnes du Parisien, mon père est mort là d’une septicémie causée par une morsure de rongeur. Et puis j’ai un enfant en bas âge, niveau hygiène ce n’est pas possible. Malgré les campagnes de dératisation, les rats ou les souris reviennent, c’est dégueulasse, invivable, on ne dort plus. Le moindre bruit me réveille."

Une situation qui dure depuis 2007

La situation, qui dure depuis près de 15 ans, a eu raison de la patience de la jeune femme. "Depuis 2007 et les travaux sur les espaces verts, on a toujours eu des rats ou des souris chez nous, se souvient-elle. Parfois, ça puait tellement ici que même en vaporisant du parfum ou en lavant tout à l’eau de Javel, on ne masquait pas les odeurs. Et un jour, en changeant une latte de notre parquet, on s’est rendu compte qu’il y avait des cadavres de rongeurs en dessous."

Après avoir identifié le problème, également rencontré dans une moindre mesure par les autres résidents de l'immeuble, un signalement a été transmis à Paris Habitat, qui s'est contenté de dépêcher sur place des sociétés spécialisées dans la dératisation. Sans succès : chassés ponctuellement, les rongeurs finissent toujours par revenir. 

La réponse désarmante du bailleur social

Dans un état d'épuisement psychologique avancé, l'occupante de l'appartement du rez-de-jardin a demandé depuis des mois un transfert dans un autre logement social, mais n'a toujours pas obtenu gain de cause. "Le problème est connu du bailleur, et toutes les opérations de dératisation dans notre appartement en attestent, mais même avec le drame que nous avons vécu, mes demandes de relogement n’avancent pas"

Contacté à ce sujet par Le Parisien, Paris Habitat a livré une réponse désarmante : "Nous avons effectivement établi un constat d’inoccupation. Nous comprenons qu’avec le décès de son père, il soit difficile de vivre dans cet appartement, mais seuls les services de la Ville peuvent décider qu’il est insalubre, et ils ne l’ont jamais fait. Et puis des rats, on est à Paris, il y en a partout."

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