A Paris, des militants parodient une corrida pour demander son abolition

Près de 200 militants issus d'une dizaine d'associations et partis animalistes ont parodié symboliquement une corrida avec des humains à Paris samedi, pour demander l'abolition de cette pratique en France et soutenir une proposition de loi en ce sens attendue le 24 novembre.

Au cri de "corrida basta" les manifestants réunis en arc de cercle symbolisant une arène, sur la place du Châtelet, dans le centre de la capitale, ont demandé de "reléguer les arènes taurines aux oubliettes de l'histoire".

Quatre militants porteurs de cornes, accroupis tête baissée encadraient une jeune femme déguisée en torero et porteuse de vraies banderilles, utilisées pour affaiblir les taureaux avant leur mise à mort.

Critiquant les enjeux culturels ou écologiques mis en avant par les défenseurs de cette activité, permise par dérogation dans trois régions du sud de pays, les manifestants criaient "la mort n'est pas une tradition, on veut l'abolition".

"Les lois devraient être les mêmes sur tout le territoire, ce n'est pas une minorité qui doit imposer son avis a la majorité" a dit Marie-Anne Leneveu, du Comité radical anti-corrida (CRAC).

Pour Amandine Sanvisens, de l'association Paris Animaux Zoopolis, les amateurs de corridas sont "des lâches et des sadiques qui créent une confusion entre l'amour et la violence".

Les manifestants soutiennent la proposition de loi déposée par le député écologiste Aymeric Caron, affilié à la France Insoumise (gauche radicale).

Des manifestations identiques ont lieu samedi dans 40 autres villes, a rappelé M. Caron.

En parallèle, des manifestations pour dire "oui à la corrida" ont rassemblé plusieurs centaines de personnes dans plusieurs villes du sud de la France.

"Ce n'est pas la corrida qui est attaquée, c'est l'ensemble de la diversité, de la richesse culturelle de nos régions (...), c'est pourquoi il ne faut rien lâcher", a commenté le maire de Mont-de-Marsan (Landes), Charles Dayot, lors d'une manifestation qui a réuni environ 300 personnes.

"Les attaques ciblées sur la tauromachie portent aussi sur la chasse, le gavage et demain peut-être l'alcool", a fustigé de son côté Michel Baylac, président de l'Association des maires de France dans le Gers.

La proposition de loi d'Aymeric Caron, rejetée en commission parlementaire, viendra quand même le 24 novembre devant un hémicycle où le sujet divise tous les bords politiques.

Le gouvernement sera représenté aux débats par la secrétaire d'Etat en charge de la Ruralité, Dominique Faure, plutôt que le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, passionné de corrida et donc plus clivant.

La proposition de loi a reçu le soutien de l'ancienne actrice Brigitte Bardot avec sa fondation pour la cause animale.

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