Paris, Lyon, Lille... Un 1er-Mai très politique avec la réforme des retraites dans le viseur

Le cortège de la CGT, lors des manifestations du 1er mai 2021 à Paris - Bertrand Guay - AFP
Le cortège de la CGT, lors des manifestations du 1er mai 2021 à Paris - Bertrand Guay - AFP

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Plusieurs dizaines de milliers de personnes défileront ce dimanche pour la traditionnelle Journée internationale du travail, à l'appel de nombreux syndicats et associations, qui espèrent faire entendre une semaine après le second tour de la présidentielle leur souhait d'une politique plus sociale et plus écologique.

"Il faut que la mobilisation du 1er-Mai soit la plus massive possible... Les citoyens, au-delà des syndicats, doivent aller dans la rue pour que les exigences sociales et environnementales soient portées haut et fort", a déclaré le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez dans Le Parisien samedi.

Sur France Inter, Philippe Martinez a noté qu'il s'agissait d'un "rendez-vous assez exceptionnel, une semaine après l'élection du président de la République". "Il faut qu'il y ait du monde", a-t-il insisté.

Manifestations déjà terminées à Bordeaux, Marseille ou encore Toulouse

Deux cent cinquante-cinq points de rassemblement avaient été prévus dans le pays, selon la secrétaire confédérale CGT Céline Verzeletti, "vingt de plus" que l'année dernière. La dirigeante syndicale s'attend à une bonne mobilisation, même si ce 1er mai tombe un dimanche et pendant les vacances scolaires pour les zones A et C.

Les manifestations ont rassemblé 1900 personnes à Bordeaux selon la police (4500 selon les organisateurs), 3600 à Marseille et 3500 à Toulouse selon la police, ou encore de 1500 à 2500 à Strasbourg selon les sources.

Sous le soleil de Marseille, portant un drapeau "pour l'union populaire", Martine Haccoun, médecin retraitée de 65 ans, est venue "montrer qu'on n'a pas donné à Macron un blanc-seing pour cinq ans, on a voulu faire barrage à Mme Le Pen".

À Lyon, 4000 à 6000 personnes ont défilé, selon les sources: une mobilisation plus forte que l'an dernier "malgré les vacances scolaires", a noté le secrétaire départemental de l'UD CGT du Rhône, Joao Pereira-Alfonso, "mais le contexte cette année fait que les salariés se mobilisent contre les attaques du gouvernement".

Les représentants de la gauche attendus

La manifestation parisienne partira, elle, à 14h30 de la place de la République, en direction de la place de la Nation.

De nombreuses figures politiques de gauche sont attendues, au premier rang desquelles Jean-Luc Mélenchon (LFI). Le secrétaire national d'EELV Julien Bayou devrait également défiler dans la capitale, de même, sans doute, que son homologue du PS Olivier Faure. Le candidat PCF à la présidentielle, Fabien Roussel, sera à Lille.

Dans le contexte de négociations difficiles pour parvenir à un accord de toute la gauche en vue des législatives, Julien Bayou a évoqué vendredi la possibilité pour la gauche de défiler sous une "bannière commune", "en soutien aux syndicats". Mais Jean-Luc Mélenchon a un peu douché ces ardeurs dans le JDD samedi: "La photo de famille du 1er Mai, ce n'est pas le sujet! Le sujet, c'est le contenu du programme social qu'on appliquera."

En 2021, les organisateurs avaient revendiqué plus de 170.000 manifestants, dont 25.000 à Paris. Le ministère de l'Intérieur avait quant à lui fait état de 106.650 manifestants en France, dont 17.000 dans la capitale.

La CFDT fait bande à part

Au premier rang des revendications de l'intersyndicale CGT-Unsa-FSU-Solidaires, auxquelles se sont jointes les organisations étudiante et lycéennes Unef, VL, MNL et FIDL, "les questions des salaires, des services publics, de protection sociale et de transition écologique", selon un communiqué du 7 avril.

Contrairement à l'année dernière, la confédération Force Ouvrière n'a pas signé cet appel national. En revanche, l'Union régionale Île-de-France FO a cosigné un tract commun avec ces organisations et le secrétaire général de FO Yves Veyrier participera au point presse en amont de la manifestation parisienne.

Dans la matinée, Yves Veyrier ira comme à l'accoutumée rendre hommage aux combattants de la Commune, devant le mur des Fédérés au cimetière du Père-Lachaise.

La CFDT, premier syndicat de France, fait sans surprise bande à part, en organisant de son côté un "1er mai engagé pour le climat".

La réforme des retraites dans le viseur

Dans la ligne de mire des organisations syndicales, la réforme des retraites, alors que le président Emmanuel Macron a fait du recul de l'âge légal de départ à 64 puis 65 ans un point cardinal de son programme.

Leur inquiétude est d'autant plus vive que le ministre de l'Economie Bruno Le Maire n'a pas exclu lundi d'utiliser l'arme du 49.3 pour faire adopter la réforme.

Les associations et ONG mobilisées sur les questions environnementales seront également de la partie, à l'appel du collectif Plus jamais ça.

Les autorités seront par ailleurs attentives aux appels de l'ultra-gauche et de l'ultra-droite, alors que les dernières manifestations du 1er-Mai ont été émaillées d'incidents. L'an dernier, des militants et des véhicules syndicaux avaient été pris pour cibles place de la Nation.

Cette année, la police attend à Paris quelque 300 activistes et "jusqu'à un millier de Gilets jaunes".

Article original publié sur BFMTV.com

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