A Paris, le lent supplice de LREM

Alors que le parti présidentiel espérait conquérir la capitale, il a essuyé à Paris sa plus cuisante défaite.

C'est le désastre pour la République en marche. Dimanche soir, au terme du second tour des élections municipales, le parti du président de la République n'a conquis aucune des grandes villes de France. Bastion du macroniste historique Gérard Collomb, Lyon est le symbole de cet échec : les écologistes y remportent la mairie et la puissante métropole, balayant l'héritage de l'ancien ministre de l'Intérieur. Mais c'est Paris qui illustre le plus cruellement la déconfiture des marcheurs. Divisions mortifères, complot inédit contre le champion de LREM, états d'âmes étalés en public... La campagne chaotique a abouti à une défaite retentissante qui emporte jusqu'aux têtes de listes.

Les ambitions de Griveaux et la multiplication des candidatures. Dès 2017, la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle aiguise les ambitions. Paris est alors l’épicentre du macronisme : le nouveau président y a engrangé 34,8% des voix au premier tour et 89,7% au second. La conquête de la capitale par la République en marche, parti tout juste fondé, semble possible. Anne Hidalgo paraît à bout de souffle : elle est le sujet du pamphlet «Notre-Drame-de-Paris», et pour ses contempteurs, la maire ennemie des automobilistes, l’élue issue du Parti socialiste à l’heure du triomphe du «nouveau monde». Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, croit qu’il peut la battre. Il apparaît rapidement comme un favori. Lorsqu’il se rend à Londres en septembre 2017 pour convaincre le secteur de la finance de faire de Paris son refuge post-Brexit, Match titre sur «les ambitions parisiennes de Benjamin Griveaux». Il ne fait déjà pas de doute qu’il a l’intention de se présenter à l’élection municipale de 2020. Au printemps(...)


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