INFO M6 - Incendie mortel à Paris : un homme, Mourad S., en garde à vue

Un homme âgé de 36 ans a été interpellé et placé en garde à vue après l'incendie d'un immeuble du XVIIIe arrondissement de Paris, qui a coûté la vie à huit personnes.

Selon nos informations, il s'appellerait Mourad S.., né en 1979 en Algérie. Les forces de l’ordre l’auraient appréhendé vers 11h15, devant un taxiphone, dans une rue parallèle à la rue Myrha où a eu lieu l'incendie d'un immeuble, qui a coûté la vie à huit personnes, tôt mercredi 2 septembre. «L’homme aurait été vu sur les lieux» lors des deux départs de feu, explique Yvan Assioma, du syndicat Alliance.

Il est suspecté d'être responsable de l'incendie. Il a été identifié grâce au «recoupement de témoignages et d'images issues de caméras de vidéosurveillance» du quartier, ajoute le délégué syndical. Selon nos informations, sur les images, on voit l'homme, au comportement suspect, sortir du bâtiment qui a pris feu.

Une bougie et un briquet
Lors de son interpellation, Mourad S. était en possession d'un briquet et d'une bougie, affirme à l'AFP une source proche de l'enquête. « Il est connu pour une vingtaine de faits, notamment des affaires de stupéfiants, des vols et des dégradations de biens privés » précise toujours la même source.

8 morts et plusieurs blessés

Le bilan est lourd. L'incendie a démarré dans une cage d’escalier de l’immeuble au 4 de la rue Myrha dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Très violent selon les pompiers, il s’est rapidement propagé aux appartements causant la mort de huit personnes dont deux enfants. Selon la préfecture de Paris, deux des victimes se seraient défenestrées, les autres ont péri à l’intérieur du bâtiment.

Norman, un voisin de l’immeuble, décrit sur Francetvinfo des images dramatiques : « J’ai été réveillé à 4h30 du matin, à cause des cris effroyables des habitants qui étaient en train d’être asphyxiés. J’ai vu deux corps au sol par ma fenêtre.»

Image de l'incendie

 

« Des élèves de l'académie de Paris font partie des victimes, dont le recensement est encore en cours », a déclaré le rectorat via un communiqué. Ce dernier précise aussi qu'une « cellule d'assistance » serait « mise en place dès jeudi matin dans les établissements concernés par le drame ».

Selon Metronews, une famille sénégalaise serait particulièrement touchée par le drame. Les parents ainsi que le fils aîné de 13 ou 14 ans et la petite soeur de 8 ans sont décédés dans les flammes. Un troisième enfant, d'environ 12 ans, est le seul survivant de la famille.

L'immeuble n'était pas insalubre

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a expliqué que « cet immeuble ne fait pas partie des bâtiments signalés comme insalubres, c’est un immeuble privé, qui ne relève pas du logement social. » La mairie travaille« actuellement à l’hébergement des familles qui ne pourront pas regagner leur logement suite à cet incendie » a précisé Anne Hidalgo, déclarant aussi : « le bilan est très lourd. Paris est endeuillé aujourd’hui.»

Le ministre de l'Intérieur sur place

Egalement présent sur les lieux, Bernard Cazeneuve a salué « le travail des sapeurs-pompiers de Paris qui ont lutté avec beaucoup de courage, dans des conditions très difficiles. » Une centaine d’hommes était mobilisée ainsi qu’une trentaine d’engins. Le ministre de l’Intérieur a ajouté que « quatre blessés sont encore en urgence relative ».

La brigade criminelle est saisie de l’enquête

« Il y a eu deux interventions différentes à la même adresse », à 02h23 et 04h30, a déclaré un porte-parole des pompiers de Paris, le commandant Gabriel Plus. « On ne peut pas ignorer que ça peut être un acte de malveillance », a ajouté le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

Le parquet de Paris a saisi la brigade criminelle de la police judiciaire de l'enquête sur l'incendie. Cette saisine signifie que la piste criminelle est privilégiée.

Des précédents

Cet incendie est le plus meurtrier depuis 2005 à Paris, année où plusieurs feux avaient fait une cinquantaine de morts dans la capitale. Les plus meurtriers avaient été celui de l'hôtel Paris-Opéra (24 morts, dont 11 enfants) en avril et celui du boulevard Vincent-Auriol (17 morts, dont 14 enfants), dans le 13e arrondissement en août.