Paris hippiques : l'ascension de ZEturf

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L'opérateur en ligne, pirate dans les années 2000, sponsorise cette année le prix d'Amérique.

En ce dimanche de mai 2007, Emmanuel de Rohan Chabot dort en cellule. Après une plainte du PMU, le fondateur de ZEturf est placé en garde à vue dans le labyrinthique bâtiment des renseignements généraux, au 11 de la rue des Saussaies, à Paris. Il va être mis en examen pour «prise de paris illicites en bande organisée». Deux ans plus tôt, depuis Malte, où il s’est installé, l’entrepreneur a lancé ses premiers paris hippiques. Une entrave au droit français et au monopole du PMU mais pas au droit européen. En 2010, le gouvernement Fillon fait voter une loi autorisant les jeux d’argent sur Internet pour certaines compétitions et le poker. Le monopole de l’Etat dans ce domaine disparaît et, avec lui, les difficultés d’Emmanuel de Rohan Chabot avec la justice. Il sera formellement relaxé en 2018.

Resté à Malte mais rentré dans le rang, avec un agrément français, il reverse 7% des enjeux aux courses, comme le PMU. Cependant, le dirigeant de ZEturf ne cesse d’être perçu comme un pirate par le milieu hippique. Il a son explication : «Ce monde a une résistance très forte au changement. Son histoire l’empêche de se concevoir comme un organisateur de spectacles. A chaque fois que je disais qu’il fallait rendre les courses plus lisibles, que la médiatisation créerait l’intérêt, on me répondait : "Nous, on est là pour améliorer la race chevaline." La structure de financement des courses par le jeu a été établie en 1880, dix ans après la défaite contre les Allemands, qui avaient de meilleurs chevaux.»

"Toute la vieille garde m’accuse de me tirer une balle dans le pied"

L’ambiance a changé en 2019 après l’élection –avec une voix d’avance- du nouveau président de la société le Trot, organisatrice des courses. Sitôt arrivé, Jean-Pierre(...)


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