Paris et Bruxelles proches d'un accord sur Air France

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PARIS ET BRUXELLES PROCHES D'UN ACCORD SUR AIR FRANCE

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français et les autorités européennes ont trouvé un accord sur les termes d'une nouvelle aide à Air France, ébranlée par la crise du coronavirus comme l'ensemble du secteur aérien, ont rapporté le Monde et les Echos vendredi.

Selon les deux journaux, Paris et Bruxelles se seraient entendus sur le montant des contreparties exigées, avec notamment un abandon de créneaux d'atterrissage et de décollage moindre que celui imposé à la compagnie allemande Lufthansa.

Ils ajoutent que l'accord devrait être entériné par le conseil d'administration d'Air France dans les premiers jours d'avril.

Une porte-parole de la compagnie et un porte-parole de Bercy ont tous deux refusé de faire un commentaire.

"La Commission est en contact avec les autorités françaises sur ce sujet. Nous ne pouvons pas préjuger du calendrier ou de l'issue de ces contacts", a déclaré pour sa part une porte-parole de l'exécutif européen.

Selon des informations de presse confirmées le mois dernier à Reuters par des sources de la compagnie et du gouvernement, le plan soumis à Bruxelles prévoit que la France convertisse en dette, notamment hybride, un prêt d'actionnaire de quatre milliards d'euros accordé à Air France-KLM l'an dernier.

Le Monde souligne que du côté de KLM, les autorités néerlandaises n'ont en revanche pas encore arrêté avec la Commission européenne l'ampleur des concessions que devra faire la compagnie, notamment sur sa base d'Amsterdam-Schiphol, et que la France et les Pays-Bas devront aussi s'entendre sur la nouvelle gouvernance de la compagnie.

L'absence de reprise du trafic assombrit un peu plus encore les perspectives de la plupart des grandes compagnies aériennes mondiales qui, selon les analystes, n'ont pas d'autre choix que de solliciter une nouvelle fois des aides publiques.

Air France-KLM a averti en février que le maintien des mesures de confinement face à la crise sanitaire allait creuser les pertes du transporteur aérien, qui a annoncé une perte nette de 7,1 milliards d'euros sur l'année 2020 et reporté un objectif clé de rentabilité à moyen terme.

Le groupe a reçu l'an dernier 10,4 milliards d'euros de prêts et de garanties de la France et des Pays-Bas.

(Gilles Guillaume, avec Laurence Frost et Gus Trompiz à Paris, Francesco Guarascio à Bruxelles)