Paris: après la suspension d'un professeur à Henri IV, d'anciennes élèves témoignent de l'emprise subie

Le rectorat de Paris a ouvert une enquête après le témoignage d'anciennes élèves dénonçant l'emprise exercée par un professeur. Ce dernier a été suspendu en février.

Il leur aurait fait miroiter un statut privilégié, jusqu'à ce que leur relation ne dérape. Philippe C., un enseignant en classe préparatoire au lycée Henri IV à Paris, a été suspendu en février dernier pour une durée de quatre mois, après l'ouverture d'une enquête par le rectorat de Paris.

D'anciennes élèves s'étaient en effet plaint de l'emprise qu'elles disent avoir subie au contact de cet enseignant. Elles témoignent aujourd'hui auprès de Libération et racontent comment le piège s'est refermé sur elles jusqu'à ce qu'elles ne se sentent plus en capacité de pouvoir dire "non".

Du sentiment d'être privilégié à l'emprise

Le mécanisme semble être le même pour les trois jeunes femmes. Alors qu'elles intègrent la prestigieuse prépa du Ve arrondissement de Paris, un rapprochement se crée au cours de leur cursus avec Philippe C., professeur qu'elles décrivent comme "brillant" et dont les cours les passionnent.

Portées par le sentiment d'avoir été choisies parmi les autres et d'avoir un statut privilégié aux yeux de l'enseignant, elles commencent à échanger avec lui par le biais d'emails, "de moins en moins [formels]", détaille Julie (le prénom a été changé) dans les colonnes du quotidien national.

"Je me sentais redevable"

S'ensuivent des sorties au théâtre en tête-à-tête, au musée, au restaurant... avant que Philippe C. n'invite la jeune femme chez lui.

"Je l’ai laissé me déshabiller. J’étais pétrifiée, comme dissociée de mon corps et je tremblais de peur, mais je me sentais redevable. J’étais devenue sa chose. Tous ses points de vue déteignaient sur moi, je cherchais constamment sa reconnaissance. J’avais envie d’être sa meilleure élève, pas la fille avec qui il couche", raconte Julie auprès de nos confrères.

L'emprise, phénomène aux contours juridiques flous

"À partir du premier 'oui', c'est difficile de refuser", abonde Kim, autre élève avec laquelle Philippe C. a franchi les limites d'une relation étudiante-professeur classique. Aucune plainte n'a cependant été déposée à l'encontre de l'enseignant. Notamment en cause: les difficultés que rencontrent les acteurs de la justice face au phénomène d'emprise, "zone grise" aux contours juridiques encore flous.

"Toute la difficulté était de montrer que je n’ai pas dit 'non' parce que je n’avais pas les moyens de dire 'non'. À cause du système de la prépa, de l’aura de ce professeur", conclut Julie, entendue par le rectorat en février, auprès de nos confrères.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Un professeur de sciences utilise le rap pour enseigner ses cours

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles