Paris: un ancien magistrat condamné à un an de prison ferme pour agressions sexuelles

Treize organisations de magistrats, de policiers, de personnels judiciaires, de psychiatres et de victimes ont publié vendredi 90 propositions pour améliorer le fonctionnement de la sécurité en France, dans l'optique de l'élection présidentielle. /Photo d - -
Treize organisations de magistrats, de policiers, de personnels judiciaires, de psychiatres et de victimes ont publié vendredi 90 propositions pour améliorer le fonctionnement de la sécurité en France, dans l'optique de l'élection présidentielle. /Photo d - -

Malgré ses dénégations, Jean Cabannes a été reconnu coupable et condamné à 30 mois de prison, dont 18 mois avec sursis, pour avoir agressé sexuellement quatre femmes entre janvier 2018 et février 2020, dont trois dans le métro parisien. Le tribunal correctionnel de Paris a ordonné que la partie ferme de la peine - 12 mois - soit aménagée sous le régime de la détention à domicile sous bracelet électronique.

Identifié par les victimes

A l'audience, cet ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), officier de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du mérite, a plaidé "non coupable" et dénoncé une enquête "exclusivement à charge".

"Depuis le début, j'ai fait l'objet d'une présomption de culpabilité", a déclaré Jean Cabannes, estimant avoir été "cloué au pilori d'une balle perdue du mouvement #MeToo".

Les enquêteurs sont remontés jusqu'à lui après avoir fait le rapprochement entre les dépositions de quatre femmes, âgées de 21 à 55 ans, qui se sont présentées dans des commissariats parisiens pour expliquer leur agression par un homme âgé d'une soixantaine d'années. Trois des plaignantes ont expliqué qu'un homme s'était rapproché d'elles sur la ligne 7 du métro et leur avait touché le sexe. La quatrième a dit avoir été agressée dans la rue par un individu l'ayant plaquée contre une porte et embrassée de force.

"Ce n'est pas moi"

Tout au long de l'enquête, Jean Cabannes a nié être cet homme que les victimes accusent. Il a pourtant, "la mort dans l'âme" a-t-il dit, formulé une demande de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) pour "mettre un terme le plus rapide à cette procédure". Le recours à cette procédure de "plaider-coupable" a toutefois été écarté par les juges d'instruction. A son procès, il a maintenu ses dénégations face à deux des plaignantes, parties civiles, qui l'ont "formellement" reconnu comme leur agresseur dans le métro. "Je ne remets pas en cause les témoignages, mais ce n'est pas moi", a-t-il affirmé, avant d'être condamné.

Article original publié sur BFMTV.com