Paris 2024 - Anne Hidalgo, au sujet de l'Arena 2 : « Le projet qui conjuguait le mieux la dimension sport de proximité et salle de spectacles avec le Paris Basket »

L'Equipe.fr
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Paris 2024 - Anne Hidalgo, au sujet de l'Arena 2 : « Le projet qui conjuguait le mieux la dimension sport de proximité et salle de spectacles avec le Paris Basket »

La maire de Paris Anne Hidalgo révèle le choix de Bouygues pour construire l'Arena 2, située porte de la Chapelle, et parle des Jeux 2024 post Covid-19. « Pourquoi la commission d'appel d'offres de la Ville de Paris a-t-elle choisi le projet Bouygues pour concevoir et réaliser l'Arena 2 ?
Le projet Bouygues a fait l'unanimité par son aspect esthétique, architectural, son insertion dans le quartier et aussi sa dimension durable. La structure des charpentes est en bois pour les deux gymnases, les matériaux biosourcés ; il y a un hall en briques de terre crue et 100 % d'énergies renouvelables pour l'alimentation du bâtiment grâce à la géothermie. C'est aussi le projet qui conjuguait le mieux la dimension sport de proximité et salle de spectacle avec le Paris Basket en résidence et des compétitions internationales. Le club de Pro B dirigé par l'Américain David Kahn a-t-il été associé ?
Oui et ses dirigeants sont heureux que l'on respecte ce qu'on leur avait dit quand ils ont décidé d'investir dans ce club : une Arena comme le lieu de résidence. Je crois beaucoup à ce Paris Basket, c'est une équipe qui va produire des résultats, les joueurs et les dirigeants sont motivés. On a vraiment envie de réussir le pari du Paris Basket. Et puis il y a une histoire avec le 18e arrondissement puisqu'il y a une équipe féminine de basket (club amateur Paris Basket Dix-huit) qui a fourni des joueuses, notamment en équipe de France. Une Arena sur trois niveaux et 26 220 m2 L'Arena 2 a le même constructeur que le Centre aquatique olympique de Saint-Denis : Bouygues Bâtiment Île-de-France, associé aux agences d'architecture SCAU et NP2F. Initialement prévue à côté de l'Accor Arena dans le 12e arrondissement, la salle de 8 000 places assises, qui figurait dans le programme de mandature d'Anne Hidalgo, a « déménagé » pour des problèmes de terrain dans le 18e, Porte de la Chapelle. Les travaux commenceront en juin 2021 pour une livraison prévue à l'été 2023.
L'Arena accueillera pendant les Jeux Olympiques de 2024 les épreuves de badminton puis de parabadminton et parataekwondo pendant les Paralympiques. Après les JO, elle aura pour club résident pendant dix ans le Paris Basket, qui évolue en Pro B, et accueillera des compétitions sportives. La salle sera également ouverte aux habitants du quartier avec deux gymnases dédiés et se transformera en nouvelle aire de loisirs et de commerces.
L'enveloppe de la salle alterne les parties pleines et vitrées et dispose d'un hall qui débouche sur un vaste parvis. Elle est coiffée d'une terrasse végétalisée qui offre une vue panoramique sur le Grand Paris. Ses promoteurs insistent sur son accessibilité, l'emploi de matériaux biosourcés ou encore ses 6 000 m2 de toiture végétalisée.
Le prix initial est passé de 90 M€ à 98 M€ du fait de l'actualisation des prix entre 2016 à 2020 et du recours à des matériaux de qualité. L'Arena sera financée pour moitié par la Solideo et pour moitié par la Ville de Paris qui rajoutera 20 M€ pour les deux gymnases et 7,2 M€ pour l'exploitation via une délégation de service publique sur dix ans, en cours d'instruction. Que va devenir l'Arena après les JO ?
Le grand projet dans lequel s'insère cette Arena est de faire de la porte de la Chapelle une ouverture majestueuse vers la métropole et Saint-Denis, digne d'une esplanade des Invalides ou des autres sites iconiques du centre de Paris. Il y a le projet de végétalisation de la porte de la Chapelle, de pistes cyclables et de circulation apaisée entre Paris et la Seine-Saint-Denis. Il y a un surcoût mais qui reste tout à fait dans les provisions de ce que la Solideo avait estimé. Dans le dossier de candidature, en valeur 2016, on avait estimé l'Arena à 90 M€. Avec l'actualisation du prix, on est à 98 M€ en valeur 2020. La Ville de Paris ajoute 20 M€ pour les deux gymnases (à l'intérieur de la salle) et un programme d'activités, de loisirs et de commerces de 7,2 M€ destiné à l'exploitation commerciale qui se fera par une délégation de service publique qui est en cours d'instruction. On a cherché une forme d'exploitation qui assurera un peu de recettes à la Ville. La crise sanitaire et économique va-t-elle vous obliger à réduire la voilure des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 ?
On était déjà dans cette idée que les Jeux devaient être durables, sobres et coûter peu. C'est exactement l'histoire que l'on a racontée pour gagner les JO et que l'on a commencé à écrire avec la Solideo et le COJO sur les différents équipements et infrastructures. La crise va accélérer la transition écologique et l'impact des JO doit être durable et social. Ce n'est pas pour rien si dans l'équipe de candidature, on avait le professeur Yunus (prix Nobel de la Paix en 2006) qui s'investit sur la charte sociale, l'économie sociale et solidaire. Les emplois vont devoir bénéficier aux territoires qui en ont besoin et dans lesquels les infrastructures vont être construites. Anne Hidalgo, maire de Paris « La crise économique qui arrive va nous apporter des épreuves nouvelles à surmonter. Sur le timing, on sera prêt. » Certains projets seront-ils revus à la baisse ?
Peut-être. La question va se poser plutôt pour le COJO (le Comité d'organisation des Jeux Olympiques) avec la billetterie, le sponsoring, les partenaires évidemment. La crise économique qui arrive va nous apporter des épreuves nouvelles à surmonter. Sur le timing, on sera prêt avec nos équipements. Ensuite avec le COJO, le CIO, la Solideo on discutera des adaptations et des aménagements à faire. Par exemple ?
Airbnb ! J'avais soulevé la question du partenariat d'Airbnb avec le CIO, y compris avec Thomas Bach (président du Comité international olympique). Airbnb, qui est de fait partenaire de Paris 2024, va beaucoup souffrir de cette crise comme beaucoup de plateformes de location de logements. Il y a aura des choses à revoir mais ce n'est pas le rôle de la Ville. Je pense que le CIO doit travailler sur l'évolution de son modèle économique. Coronavirus : le COJO à l'heure des restrictions Êtes-vous inquiète de la très probable hausse de la facture des Jeux ?
Non, les coûts sont maîtrisés. Ils s'inscrivent dans les estimations et les provisions dans lesquelles la Solideo s'était inscrite. Ceci est bien maîtrisé par Nicolas Ferrand (directeur général de la Solideo) qui tient les délais, les coûts et les objectifs. J'ai confiance et, s'il y a des problèmes, on en reparlera. Mais ça y est : les infrastructures, le village, l'Arena, le centre aquatique olympique, tout est lancé. Plusieurs élus ont relancé le débat sur l'opportunité d'organiser les JO en 2024 lors du dernier Conseil de Paris, le 19 mai. 
Ce sont les mêmes doutes qui ont été exprimés à chaque étape du dossier, les mêmes oppositions respectables. Il faut tenir compte des questions notamment sur l'écologie, l'accueil des personnes, des athlètes, des touristes. Il faudra que l'on intègre les leçons de cette crise sanitaire. Anne Hidalgo, maire de Paris « Les spectateurs pourront passer d'un site à un autre via des voies cyclables olympiques. » Le vélo, qui profite de la crise sanitaire, va-t-il s'inviter aux Jeux en 2024 ?
Si on se projette dans quatre ans, ce qui n'est pas si loin, avec toutes les incertitudes liées à cette crise du coronavirus, on peut imaginer que les voies olympiques soient en grande partie dédiées au vélo. Les athlètes et tous ceux qui doivent circuler en voiture et en bus pourront le faire mais les spectateurs pourront passer d'un site à un autre via des voies cyclables olympiques. Que devient le spectacle de 9 minutes de passation de drapeaux entre Tokyo et Paris prévu pour la cérémonie de clôture des JO de Tokyo, reportés en 2021 ?
Il y avait de belles idées mais avec le confinement et la situation sanitaire, tout ce qu'on avait imaginé ne pouvait pas se faire. Il y avait notamment un tournage et des images concernant beaucoup de gens. Avant même le confinement, la décision a été prise avec Tony (Estanguet, le président du COJO) de ne pas aller dans cette direction car ce n'était pas raisonnable. Tout cela est à rediscuter à l'aune du nouveau calendrier de Tokyo. Je n'ai pas d'inquiétude sur le caractère spectaculaire que l'on pourra trouver sur ce passage de drapeaux. »