Paris : à Jussieu, le bras de fer entre les deux architectes stars Jean Nouvel et Bjarke Ingels

Les mots sont durs, la colère, sincère. Jean Nouvel, le plus célèbre des architectes français, qui a construit une multitude d'ouvrages iconiques aux quatre coins de la ­planète et n'a plus rien à prouver, se sent "méprisé". À 74 ans, le Prix Pritzker 2008 fulmine contre la Ville de Paris, contre l'État et contre un autre "starchitecte", de trente ans son cadet : le Danois Bjarke Ingels, lui aussi de renommée internationale. Ce dernier est à la tête de l'agence BIG*, qui emploie 600 personnes à Copenhague, New York, Londres et Barcelone.

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Objet du litige : le projet Paris Parc, bâtiment de cinq étages – 32 mètres – et 16.000 mètres carrés, conçu par BIG pour ­Sorbonne Université sur le campus Pierre-et-Marie-Curie (ex-Jussieu), dans le 5e arrondissement. Ce futur ­incubateur de start-up a le ­mauvais goût, aux yeux de Jean Nouvel, de venir faire de l'ombre – au sens propre comme au figuré – à l'Institut du monde arabe (IMA), son coup de maître architectural initial (1981-1987), le premier des grands projets présidentiels de François Mitterrand. Un sacrilège pour le créateur français.

"Il s'agit soit d'une provocation, soit d'insensibilité", estime Jean Nouvel

"Cet immeuble imposant de BIG doit s'élever le long du parvis, en équerre avec l'IMA, à seulement quinze mètres des moucharabiehs! s'insurge le vénérable architecte. C'est un improbable miroir pointu et incliné qui a pour but non seulement de refléter Notre-Dame et...


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