Quand le pardon devient toxique

Le malade - Un de vos copains qui va vous dire qu'il ne se sent pas bien toute la soirée. \
GettyStock Le malade - Un de vos copains qui va vous dire qu'il ne se sent pas bien toute la soirée. \"Ne me touche pas je vais vomir\". \"OUla arrête de me parler j'ai la tête qui tourne\"... Tout ça en se resservant des verres. Pour finir par être malade à la fin, sur le chemin du retour.

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Pardonner alors qu’on ne se sent pas prête est dommageable. Car cela provoque une dissonance cognitive et émotionnelle. Car on ne valide pas ses ressentis. Car l’anxiété continuera de se manifester.

PSYCHOLOGIE - Est-ce que vous vous êtes déjà senti obligé de pardonner à quelqu’un sous l’effet de la pression sociale ou familiale ? Le pardon n’est pas toujours la meilleure option et peut s’avérer plus toxique et plus malsain que bénéfique.

Le pardon est aujourd’hui érigé en méthode de développement personnel infaillible. Sur internet, on lit que le pardon résout tout, que « pardonner n’est pas oublier »… Mais, selon la définition du pardon, celui-ci implique de ne pas garder de rancune, de ressentiment, de regret, de renoncer à se venger et à réprimander. On efface tout et on repart à zéro. Alors pardonner, cependant qu’on garde en mémoire la trace de l’offense et qu’on est prêt à ressortir le dossier un mois plus tard, ce n’est pas le sens du pardon. Et cela ne fait pas forcément de bien à l’estime de soi.

Un processus

En fonction de l’acte commis et des conséquences provoquées, le pardon nécessite du temps, une introspection, parfois une thérapie, parfois des années de réflexion… C’est un processus. Il faut en avoir sincèrement envie et se sentir aligné.

Pardonner alors qu’on ne se sent pas prête est dommageable. Car cela provoque une dissonance cognitive et émotionnelle. Car on ne valide pas ses ressentis. Car l’anxiété continuera de se manifester.

Il existe d’autres façons de « passer à autre chose » : on peut changer de travail, ignorer la personne ou l’effacer de sa vie, sans nécessairement lui pardonner. On peut utiliser sa colère et sa déception de manière constructive, pour prendre soin de soi. On peut pratiquer l’indifférence et le mépris.

Tout n’est pas pardonnable

On n’est pas tenu d’absoudre quelqu’un de ses actes malveillants dans la minute qui suit, juste parce que cela arrange tout le monde. Et puis tout n’est pas pardonnable.

De même, présenter ses excuses et demander pardon à quelqu’un, alors qu’on n’a objectivement rien fait de mal, c’est tout aussi malsain. Cela peut arriver dans certaines relations de couple, amicales ou professionnelles. On fait cela pour préserver la paix sociale, pour prévenir une crise de colère de la part de son interlocuteur, pour éviter des représailles…

Avez-vous connu une telle situation ?

Cette tribune, initialement publié sur le compte Instagram Amélia.Psychologue, a été reproduite sur Le HuffPost avec l’accord de son autrice.

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