Parasitisme : la fin tragique des animaux zombies

EMANUELE BIGGI

Certains parasites vont jusqu'à compter dans leur arsenal des outils de manipulation mentale capables de modifier le comportement de leur hôte.

Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°210 daté juillet/ septembre 2022.

L'évolution parallèle d'un parasite et de son hôte peut se résumer à une course à l'armement : le premier développe des stratégies pour profiter du gîte et du couvert aux dépens du second ; celui-ci, à son tour, élabore des moyens pour se défendre… Certains parasites vont jusqu'à compter dans leur arsenal des outils de manipulation mentale capables de modifier le comportement de leur hôte.

C'est le cas de la guêpe émeraude, qui fait à sa cible, un cafard bien plus gros qu'elle, deux piqûres stratégiques. La première, paralysante, lui permet dans un second temps de cibler avec précision les ganglions cérébraux du cancrelat. Ce dernier, sous emprise, suit alors docilement la guêpe qui le guide jusqu'à son tombeau : une cavité dans laquelle la victime sera enfermée avec la larve de son bourreau, prête à la dévorer vivante.

Au Costa Rica, la larve d'une autre guêpe parasite fait connaître un sort similaire à l'araignée Leucauge argyra… non sans l'avoir forcée à travailler pour elle avant de mourir. Après plusieurs jours accrochée à l'araignée, se nourrissant de son hémolymphe, la larve la pousse, via un procédé chimique, à construire une toile destinée à accueillir son futur cocon de métamorphose…

Une véritable manipulation mentale

Pour de nombreux parasites transitant au cours de leur vie par plusieurs espèces-hôtes, la manipulation mentale est un bon moyen de passer d'une victime à l'autre. La douve du foie, un ver parasitant successivement un escargot, une fourmi et un ruminant, modifie le comportement de ladite fourmi en se logeant dans son cerveau. L'insecte quitte alors chaque soir sa fourmilière pour venir s'agripper au sommet d'un brin d'herbe, ce qui l'expose au broutage d'un ruminant. Pour Spinochordodes tellinii, l'enjeu n'est pas tant de changer d'espèce-hôte que de milieu.

En effet, les larves de ce long ver vivent aux crochets d'insectes terrestres[...]

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