Un parasite ralentit le vieillissement de fourmis, pour mieux en faire des proies

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Temnothorax nylanderi est une espèce répandue en Europe occidentale. Les entomologistes savent depuis longtemps que certaines fourmis sont la cible de choix d'un parasite, l'Anomotaenia brevis. Ce dernier semble ralentir le vieillissement de son hôte selon une nouvelle étude.

Le parasite d'une espèce de fourmis ralentit considérablement leur vieillissement, mais c'est sans doute pour faciliter leur ingestion par un oiseau, dans lequel l'intrus va achever sa croissance, indique une étude parue le 19 mai.

Une espérance de vie allongée

"Nous avons surveillé la survie des insectes à trois ans et nous montrons que les fourmis infectées vivent beaucoup plus longtemps que les non-infectées", dit à l'AFP Susanne Foitzik, professeure en biologie à l'Université allemande de Mayence. Et c'est un euphémisme, puisqu'aucune fourmi saine n'a passé ce cap, alors que plus de la moitié des fourmis parasitées étaient encore vivantes, selon l'étude parue dans .

Temnothorax nylanderi (T. nylanderi), aussi appelée fourmi des glands, où elle fait un petit nid, est une espèce répandue en Europe occidentale. Les entomologistes savent depuis longtemps que leur caste de travailleuses sont la cible de choix d'un parasite, l'Anomotaenia brevis (A. brevis). A l'état adulte, ce petit ver, un ténia cespode, vit dans le tube digestif du pivert. Il y pond des œufs qui se retrouvent dans les fientes de l'oiseau, avant de figurer au menu des larves de T. nylanderi. Les œufs du parasite colonisent alors leur hémolymphe (le "sang" de la fourmi) et s'y développent sous forme de larves.

Jeunesse éternelle

Les fourmis infectées semblent conserver une forme de jeunesse éternelle. Leur cuticule, l'exosquelette leur servant de carapace et de peau, conserve la couleur jaune pâle des jeunes fourmis, cantonnées au départ à la nurserie. Le parasite modifie aussi leur comportement puisqu'elles se refusent à suivre les fourmis travailleuses, qui s'aventurent dehors pour alimenter la fourmilière. "Pourquoi peuvent-elles vivre si longtemps ?", avec un taux de survie identique à celui des reines, dont certaines atteignent jusqu'à vingt ans, s'interroge le Pr Foitzik, qui a signé l'étude avec son ancienne étudiante Sara Beros, aujourd'hui chercheuse à l'Institut Max Planck. "Peut-être grâce[...]

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