« Paranoïa », « hystérie patriotique »… Vladimir Poutine est-il devenu fou avec la guerre en Ukraine ?

© AFP

« Folie », « Paranoïa », « Hystérie patriotique »… autant de vocables dont on a pu affubler Vladimir Poutine depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. L’usage de ces termes pour qualifier le président russe a tôt fait d’être contesté : cela reviendrait à psychiatriser la question ou, au moins, à la psychologiser, et le recours à ce champ de compréhension ne serait ici pas légitime.

C’est pourtant pour de mauvaises raisons qu’on lui dénie toute pertinence, comme si la moindre référence à la dimension psychique ne pouvait que nous reconduire à une psychologisation douteuse qui n’aboutirait in fine qu’à déshistoriciser et à dépolitiser la question.

Folie et logique

Le refus catégorique d’employer ce registre lexical emprunté à la psychopathologie repose pourtant sur une curieuse compréhension de la folie, assimilée à l’irrationalité, par là même inintelligible – on le sait, il en va en quelque sorte toujours de la folie comme d’un tabou. Le présupposé serait le suivant : convoquer la « folie » de Poutine consisterait à renoncer à produire du sens, à considérer que ses actes sont totalement dépourvus de cohérence, imprévisibles et même absurdes. Bref : il ne serait pas possible de chercher à les comprendre en exhumant leurs raisons, en leur donnant du sens.

Or, comme cela a été souligné maintes fois, Poutine est tout sauf incohérent. Pour les observateurs de sa politique intérieure comme de sa politique extérieure, cette guerre avait en réalité commencé depuis un moment : Poutin...


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