De "Dans ma paranoïa" à "Extraterrestre": comment Jul a changé en 25 albums

Le rappeur Jul - Slamcreations
Le rappeur Jul - Slamcreations

Si Jul doit remercier quelqu’un pour son ascension, c'est bien le conseil départemental des Bouches-du-Rhône. En 2003, alors âgé de 13 ans, le jeune Julien Mari - son vrai nom - bénéficie du dispositif scolaire Ordina13, qui consiste à octroyer un ordinateur à chaque élève de quatrième pour lutter contre les disparités d’accès à l’informatique. C’est grâce à ce PC flambant neuf que l’artiste en devenir va faire ses premiers pas dans la musique.

Dix-neuf ans plus tard, Jul est aujourd’hui le plus gros vendeurs de disques de l’histoire du rap en France devant Ninho, Booba ou PNL et s’offre le statut de rappeur français le plus écouté sur Spotify, avec plus de 2,5 milliards de streams sur la plateforme. Longtemps critiqué pour son travail, Jul, qui dévoile ce vendredi son 25e album Extraterrestre, fait aujourd’hui partie des artistes incontournables du paysage musical français. Retour sur cette évolution.

De Juliano135 à Jul

Comme une grande majorité des jeunes de son quartier de Saint-Jean-du-Désert à Marseille, Jul débute le rap à l’adolescence. Le rappeur dévoile en 2014 son premier single J’sors le cross volé, après avoir été rapidement repéré grâce son Skyblog Juliano135 par ceux qui deviendront son premier label, Liga One (il a quitté la maison de disques dès 2015 pour développer sa propre structure, D’Or et de Platine, en totale indépendance). Le titre cartonne sur YouTube et offre à Jul un véritable tremplin sur la scène rap française.

Pour poursuivre la composition de ses premiers tubes, l’artiste s’enferme dans son studio de l’époque: un abri de jardin sommaire en bois recouvert d’une bâche, dont il avait d’ailleurs vanté les mérites dans un post Facebook. “Pas besoin d’un château pour faire des disques d’or et de platine”, écrivait-il en légende du cliché.

C’est dans ces conditions que le rappeur marseillais développe sa recette de composition, produisant à la pelle les morceaux de son album My World - des titres encore un peu maladroits mais qui le propulseront au sommet des charts. D’albums en albums, Jul parvient à perfectionner cette formule pour construire sa propre identité: des paroles souvent mélancoliques, des rythmiques dansantes et des mélodies pas forcément riches musicalement mais terriblement efficaces.

Comme le résume Shkyd, auteur, musicien et producteur, "la musique de Jul ça donne envie de danser, d'être au soleil, de ne pas se prendre la tête".

"En plus, ce n’est pas fait de manière prétentieuse, donc c'est c'est vraiment la définition même de ce que c'est la musique populaire", ajoute le beatmaker.

Surmonter les critiques

Dès 2015, Jul met sur le devant de la scène une ambiance joyeuse et décontractée, loin des clichés qui entourent le rap, genre musical jusqu’alors perçu comme violent et bling-bling. À contre-courant de cette posture, le Marseillais se présente sans aucune prétention comme le mec sympa, celui qui débarque "dans le game en claquette et dans le carré VIP en survêt".

Mais avant de devenir l'artiste incontournable à passer en soirée, Jul et son style unique, jugé beaucoup trop éloigné des tendances de l’époque, ont fait l’objet de bon nombre de critiques virulentes, voire même de moqueries.

Malgré la haine qu’il reçoit, le rappeur ne change ni sa manière de travailler ni de se comporter. Il bénéficie, à l’instar d’artistes tels que Heuss l’Enfoiré ou Gradur, de l’ouverture du rap au grand public: lui-même puise de manière décomplexée dans des sonorités issues de la variété française, de la pop ou encore de l’électro et constate ainsi un début d’évolution de l’opinion à son égard.

Ascension fulgurante

Pris pour une proie facile à ses débuts, le rappeur marseillais est parvenu en huit ans a prouver qu’il a sa place au sommet de la scène rap française. S’il a, de 2016 à 2020, réussi à asseoir son statut de plus gros vendeurs de disques en France, Jul rêve désormais d’aller plus loin. Le 15 août 2020, il dévoile alors son projet ambitieux, 13 Organisé. Un collectif composé de 50 rappeurs: des figures historiques telles que IAM et la Fonky Family, de talents confirmés comme SCH et L'Algérino, mais aussi des jeunes recrues à l’instar d’Elams ou de Moubarak.

Leur premier single Bande Organisée est un véritable carton et parvient même au moment de sa sortie à s’offrir une place dans le top 100 mondial sur Spotify. Ce morceau, certifié triple single de diamant, permet à Jul de promouvoir son rap marseillais à l’échelle internationale et de faire évoluer son image en rappeur pop star.

Jul aurait alors facilement pu s’arrêter là. Mais pour son 25e album, Extraterrestre, dévoilé ce vendredi, l’artiste a annoncé une nouvelle campagne de promotion inédite: chacun des vingt morceaux du projet sera accompagné d’un clip et de NFTs exclusifs, donnant accès des promotions à vie sur le site de merchandising de Jul, aux certifications de l’album mais aussi, pour trois chanceux, aux royalties générés par trois clips sur YouTube pendant un an. Du jamais-vu dans le rap.

Article original publié sur BFMTV.com

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