Paralympiques-2020: Haven Shepherd, rescapée d'une bombe déclenchée par ses parents

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Qu'attend-elle des Jeux de Tokyo ? Quelle question ! "Je suis juste là pour m'amuser", lâche la nageuse américaine Haven Shepherd, 18 ans, qui a perdu ses deux jambes dans l'explosion de la bombe avec laquelle ses parents se sont suicidés.

Haven n'avait que 14 mois et vivait dans la campagne vietnamienne quand ses parents biologiques, dont on lui a dit qu'ils vivaient une histoire extraconjugale et ne pouvaient pas se marier, ont décidé de mettre fin à leurs vies, et à celle de leur enfant.

Ils sont morts tous les deux dans la détonation des charges explosives. Les médecins sont parvenus à sauver Haven, propulsée à une dizaine de mètres, mais ont dû l'amputer des deux jambes. Six mois plus tard, une famille américaine l'a adoptée, l'emmenant dans le Missouri (centre des Etats-Unis) où elle a commencé une nouvelle vie.

Elle décrit sa première participation aux Jeux paralympiques, qui se tiennent à Tokyo jusqu'à dimanche, comme "un moment irréel": "J'en ai parlé avec ma famille pendant cinq ans, et c'est finalement arrivé", a-t-elle confié après avoir pris la cinquième place du 200 m 4 nages (catégorie SM8)

"Je suis juste là pour me faire plaisir. J'ai réussi à arriver ici, j'ai accompli mon objectif de participer aux Jeux", dit la nageuse, qui a aussi concouru mercredi au 100 m brasse (SB7), sans parvenir à se qualifier pour la finale.

Heureuse que les Jeux paralympiques soient au centre de l'attention internationale, elle se dit "ouverte" à raconter son histoire au monde entier, disant tenir cette aisance de sa mère adoptive, qui lui a raconté sans hésitation d'où elle venait, lorsqu'Haven lui a posé la question à l'âge de 5 ans.

"Il y a des gens qui ne connaissent même pas leur histoire. Moi, je crois que je suis devenue la personne que je suis aujourd'hui car je sais qui j'étais avant de pouvoir vivre cette vie", explique-t-elle.

- "Sentiment de paix" -

Elle dit n'avoir jamais eu aucun ressentiment à l'égard de ses parents biologiques, mais plutôt de la compassion pour sa mère: "J'ai toujours pensé à son sacrifice."

"Il m'a été donné de vivre cette vie épatante aux Etats-Unis, avec les fêtes d'anniversaire, les vidéos de Noël. J'ai eu une enfance incroyable."

En grandissant dans le Missouri avec six frères et soeurs, Haven Shepherd dit ne s'être jamais sentie exclue à cause de son handicap, et enfiler ses prothèses de jambes comme on met des lunettes.

La natation, pour laquelle est s'est vite prise de passion après en avoir commencé la pratique à l'âge de 10 ans, "est tout" pour elle.

"Ca peut être le dixième entraînement de la semaine et je suis juste crevée et je ne veux pas y aller, mais j'ai quand même hâte d'y être car cela me donne du temps loin de mon téléphone et de mes jambes, et je n'ai pas besoin de me préoccuper de ce que je dois faire après". "Ca me donne un sentiment de paix", dit-elle.

Après des années de pratique intensive en vue des Jeux de Tokyo, elle veut maintenant faire une pause et vivre la vie d'une jeune femme de 18 ans.

Bien décidée à participer aux Jeux de Paris en 2024, elle ne veut cependant pas se mettre trop de pression de résultats. "Mes attentes sont comme ce que je suis: je suis juste là pour m'amuser", annonce-t-elle.

"Je ne me suis jamais trop prise au sérieux, pourquoi commencer maintenant?"

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