Le paradoxe de Simpson, ou comment les mères de jumeaux ne sont en fait pas plus fertiles que les autres

RJE / Science Photo Library via AFP

L'idée admise selon laquelle les mères de jumeaux sont plus fertiles que les autres est fausse. Au contraire, elles le sont moins, concluent des chercheurs, dénonçant un piège statistique courant mais insidieux : le paradoxe de Simpson.

Un paradoxe statistique bien connu a conduit de nombreux scientifiques à conclure que les mères de jumeaux étaient plus fertiles que les autres. En réalité, c'est précisément l'inverse, argumente une équipe internationale dans . En étudiant d'anciens registres de naissances des 18e et 19e siècles, ils concluent que les tests de fertilité actuellement utilisés en clinique ne sont pas tous pertinents... Et que ces erreurs statistiques sont particulièrement trompeuses en recherche.

Le paradoxe de Simpson

En 1973, un scandale frappe la prestigieuse Université de Berkeley (Etats-Unis). Les candidats masculins sont 44% à avoir été pris, contre seulement 35% pour les candidates ! Pourtant, dans la plupart des cours pris séparément, le taux d’acceptation des femmes a été plus élevé que celui des hommes. Comment est-ce possible ? Un paramètre caché faussait tout : le taux d’acceptation de chaque classe. En vérité, les femmes avaient beaucoup plus tendance à postuler aux cursus les plus sélectifs, diminuant leur taux d’acceptation. Ce type d’erreur dans laquelle l’analyse globale des chiffres inverse la réalité en raison d’un ou plusieurs paramètres non pris en compte se nomme le paradoxe de Simpson. “Ce problème peut émerger quand on compare des groupes d’individus pour en déduire des vérités à l’échelle individuelle”, explique à Sciences et Avenir Alexandre Courtiol, spécialiste en Biologie de l’Evolution à l’IZW de Berlin (Allemagne).

La fausse conclusion selon laquelle les mères de jumeaux sont plus fertiles

En 2012, le chercheur tombe sur des travaux publiés dans une revue scientifique. “Ils expliquaient que les femmes ayant donné naissance à des étaient plus fertiles que les autres”, raconte-t-il. “Mais toute leur démonstration était basée sur des erreurs statistiques qui risquaient au mieux de fausser leurs résultats, et au pire de les inverser”. Dans leurs nouveaux travaux, dont il est l’auteur principal, Alexandre Courtiol et toute une équipe de biologistes, généalog[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles