Paradis fiscaux: le Luxembourg et ses sociétés offshores de nouveau épinglés

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Les pratiques fiscales du Luxembourg sont à nouveau épinglées dans une vaste enquête publiée par plusieurs journaux européens, sept ans après les révélations des LuxLeaks.

Des fortunes du monde entier continuent d'échapper à l'impôt grâce aux pratiques fiscales du Luxembourg. Dans une enquête menée par le quotidien français Le Monde avec 16 médias partenaires dont Le Soir et Süddeutsche Zeitung, Tiger Woods côtoie la famille Hermès, mais également Shakira ou le prince héritier d'Arabie saoudite pour des placements financiers avantageux.

Neuf sociétés sur dix immatriculées au Grand-Duché sont en effet détenues par des non résidents et une société sur trois est une société de participation ou holding dans laquelle sont logés des actifs, a priori pour bénéficier d'un régime fiscal favorable.

Petit pays, gros sous, résume Süddeutsche Zeitung

Sur l'exercice 2018-2019,cela correspond à 6 500 milliards d'euros d'actifs placés au Luxembourg dans des sociétés offshore. Ce territoire de 2 586 km2 et de 600 000 habitants est ainsi devenu le coffre-fort de l'Europe, troisième centre financier d'Europe après Londres et Zurich. Des « sociétés fantômes sans bureau ni salarié ont été créées par des milliardaires, des multinationales, des sportifs, des artistes, des responsables politiques de haut rang et même des familles royales », affirme Le Monde.

De plus, « des fonds douteux, suspectés de provenir d'activités criminelles ou liés à des criminels visés par des enquêtes judiciaires, ont été dissimulés au Luxembourg. C'est le cas de sociétés liées à la Mafia italienne, la Ndrangheta, et à la pègre russe », souligne l'enquête du Monde.

Le Luxembourg, paradis fiscal impuni

Cette nouvelle enquête prouve, s'il en était besoin, que rien n'a évolué depuis la sortie des LuxLeaks, le 5 novembre 2014, qui avait mis à nu l'optimisation fiscale douteuse des multinationales dans le Grand Duché. Toutefois une directive votée par l'Union européenne en 2018, exigeant la création de registres publics des propriétaires réels des sociétés dans tous les États membres, a servi de base au travail des journalistes.

Le gouvernement luxembourgeois a réagi en affirmant que le pays respectait « pleinement toutes les réglementations européennes et internationales en matière de fiscalité et de transparence, et applique toutes les mesures communautaires et internationales en matière d'échange d'informations pour lutter contre les abus et l'évasion fiscales ». La Commission européenne a indiqué prendre note de cette enquête faite par la presse.

(Avec AFP)