La Papouasie-Nouvelle-Guinée n'accueillera plus les migrants refoulés d'Australie

·2 min de lecture

Les gouvernements d’Australie et de Papouasie-Nouvelle-Guinée viennent d’abroger un accord en vertu duquel, depuis 2013, les candidats à l’asile en Australie étaient placés en détention sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et depuis 2019, dans sa capitale Port Moresby. Décriée par les organisations de défense des réfugiés, cette politique n’est toutefois pas abandonnée. Canberra a d’ailleurs signé il y a peu la prolongation d’un accord similaire avec le micro État de Nauru.

Avec notre correspondant à Sydney, Grégory Plesse

À l’image d’Auschwitz ou Guantanamo, l’île de Manus, est connue dans le monde entier pour de mauvaises raisons. Cette île papouasienne a servi de prison pour des milliers de candidats à l’asile en Australie qui, depuis 2013, refoule systématiquement tous ceux qui tentent de s’y rendre en bateau.

Cet « accord régional de réinstallation » prendra fin officiellement le 31 décembre, ont annoncé l'Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Dans un communiqué commun, l'Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée expliquent atteindre ainsi « un objectif partagé de longue date ».

L’île, où de nombreux détenus se sont suicidés, dont un en s’immolant par le feu, n’accueillait plus de réfugiés depuis 2019 mais une centaine d’entre eux sont toujours retenus dans la capitale papouasienne Port Moresby.

Un accord avec Nauru

« À partir du 1er janvier 2022, le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée va assumer la pleine gestion des services de traitement régionaux en Papouasie-Nouvelle-Guinée et la pleine responsabilité de ceux qui restent », dit le communiqué.

Avec l’abrogation de cet accord, qui sera effective en 2022, ils pourront choisir de vivre en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et même en obtenir la nationalité. Sinon ils seront transférés vers Nauru, qui détient également pour le compte de l’Australie des demandeurs d’asile dont Canberra ne veut pas.

Cette politique, dénoncée notamment par la Haut commissariat pour les réfugiés de l’ONU (HCR), est loin d’être remise en cause. C’est même le contraire, puisque le mois dernier, elle a pérennisé son accord avec Nauru, un micro État de 10 000 habitants, pour qui cet accord représente près de 60% des recettes publiques.

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles