Le pape François veut renforcer la lutte contre la pédocriminalité dans l'Église

Le souverain pontife a reçu ce vendredi 29 avril les membres de la Commission pontificale de protection des mineurs, leur demandant « un nouveau départ » pour combattre le fléau de la pédocriminalité. Cela passe par un pouvoir accru de cette structure créée il y a huit ans.

Avec notre correspondant au Vatican, Éric Sénanque

Le pape Fançois souhaite donner plus de poids à la Commission pontificale de protection des mineurs, qu’il a créée en 2014. La nouvelle Constitution apostolique, qui régit l’administration vaticane et qui rentrera en vigueur début juin, lui donne désormais un statut à part entière dans la Curie romaine et devrait lui permettre de travailler en toute indépendance.

En recevant ses membres ce vendredi matin, le pape a rappelé que leur travail était nécessaire, non seulement pour faire de l’Église un lieu « sûr pour les enfants et leur guérison, mais qu’elle soit aussi totalement fiable dans la promotion de leurs droits à travers le monde ».

Le souverain pontife ainsi demandé à la Commission de lui remettre un rapport annuel sur les mesures prises en faveur de la protection des mineurs et des adultes vulnérables. « Un tel rapport sera un facteur de transparence et de responsabilité », a-t-il insisté.

Le pape François a enfin demandé à cette Commission d’aider les conférences épiscopales dans le monde à créer des centres où les victimes de crimes sexuels puissent trouver « un accueil et une écoute et être accompagnées sur un chemin de guérison et de justice ».

■ En Espagne, l'Église ne veut pas participer à la commission d'enquête parlementaire

L’Église espagnole a fait un pas supplémentaire en ce qui concerne la pédocriminalité : elle s’est dite disposée à ouvrir ses archives, si telle demande lui en est faite. En revanche, elle se refuse à la commission d’enquête exigée par le Parlement. Il y a encore quelques mois, l’épiscopat ne reconnaissait que quelques cas. Aujourd’hui elle en reconnait officiellement 506.

Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau

L’Église espagnole souffle le chaud et le froid en ce qui concerne les abus sexuels qui ont été commis en son sein au cours des dernières décennies. D’un côté, elle se montre enfin disposée à mettre ses archives diocésaines à disposition de toute institution qui en ferait la demande. Mais, d’un autre côté, elle n’entend pas participer dans la commission d’enquête qui avait été décidée en mars par le gouvernement et qui doit passer par le Parlement.

Les autorités ecclésiastiques espagnoles continuent à minimiser la pédocriminalité, alors que les associations de victimes d’abus sexuels par des religieux multiplient les témoignages indiquant l’ampleur du phénomène. Le porte-parole de l’Église Luis Arguello se plaint de ce que, selon lui, les autorités politiques et les victimes se focalisent sur l’Église alors que, dit-il, les abus sexuels contre des mineurs ont eu lieu dans bien d’autres secteurs de la société. Et puis, cette même Église a certes chargé un cabinet d’audit d’étudier la question, mais ce cabinet n’est pas considéré comme neutre, car lié directement à l’Opus Dei.

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