Pap Ndiaye, le pacificateur

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Le professeur vient d’être nommé à la tête du palais de la Porte Dorée, qui abrite le Musée national d’histoire de l’immigration, dont les enjeux divisent la société.

Deux livres sont posés sur le bureau encore sommaire du nouveau directeur général du palais de la Porte Dorée, Pap Ndiaye : «France-Algérie. Les passions douloureuses», de Benjamin Stora, et «Les damnées de la mer, femmes et frontières en Méditerranée», de Camille Schmoll. Deux histoires de migrations, écrites par deux protagonistes du Musée national de l’histoire de l’immigration. Cet engagement de campagne de Jacques Chirac en 2002 a cristallisé dès son ouverture en 2007 les tensions d’alors sur l’identité nationale et ne sera inauguré que sept ans plus tard, par François Hollande. Mercedes Erra, la présidente du conseil d’administration, se souvient de ces débuts chaotiques : «Ce musée, né dans la dureté, a d’abord été un combat, puis un incroyable succès –sa fréquentation a augmenté de 60% depuis 2016–, et a réussi à inventer une manière de raconter l’histoire de l’immigration.»

A la veille de la présidentielle, la nomination de cet universitaire de 55 ans de filiation franco-sénégalaise, frère de l’écrivaine Marie NDiaye, récipiendaire du prix Goncourt, n’est pas un acte neutre politiquement. Cet intellectuel n’est pas un affidé d’Emmanuel Macron. Enseignant-chercheur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (E.h.e.s.s.) puis à Sciences-po Paris, Pap Ndiaye se définit comme de gauche, engagé, et non partisan : « La possibilité de penser contre soi-même reste vitale, d’accepter qu’un résultat de recherche puisse aller contre ce que l’on pense initialement.» Jamais encarté, il a appelé en 2012 à voter François Hollande et appartenu au conseil scientifique du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran).

"Une histoire apaisée, réfléchie, pas froide pour autant, est possible"

Ce normalien(...)


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