Pandora Papers: le Premier ministre tchèque dans la tourmente avant les législatives

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Le Premier ministre tchèque Andrej Babiš est l’un des dirigeants visés par les Pandora Papers, une enquête menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et ses partenaires. Un montage financier douteux aurait permis à ce richissime homme d’affaires d’acheter, entre autres, un château sur la Côte d’Azur.

Après que son service d’ordre a brutalement repoussé les journalistes qui tentaient de l’interroger sur le sujet, Andrej Babiš en a lui-même convenu : le montage financier qu’il a utilisé pour acquérir une quinzaine de biens immobiliers en France en 2009 « ne serait pas digne d’un homme politique », mais il s’empresse d’ajouter qu’à l’époque, il ne faisait pas encore de politique, rapporte notre correspondant à Prague, Alexis Rosenzweig.

Le chef du gouvernement tchèque, qui a fondé son parti en 2011 après avoir fait fortune dans l’agrochimie, clame son innocence et indique que la quinzaine de millions d’euros nécessaires à l’achat, entre autres, d’un château à Mougins, où une filiale du groupe d’Andrej Babiš était également propriétaire d’un restaurant étoilé, a été déclarée en bonne et due forme à l’administration fiscale, ce que les auteurs de l’investigation mettent en doute.

Andrej Babiš, déjà au cœur de plusieurs affaires et dans le viseur de la Commission européenne en raison de son conflit d’intérêts en tant que fondateur du groupe industriel Agrofert placé dans des fonds fiduciaires opaques, a placé au total 22 millions d'euros dans des sociétés écrans selon l'ICIJ. « Je n'ai jamais rien fait d'illégal ou de mal », a réagi le Premier ministre tchèque sur son compte Twitter. « Mais cela ne les empêche pas d'essayer de me dénigrer et d'influencer les élections législatives tchèques », prévues vendredi et samedi prochains.

En tête dans les sondages

Le mouvement populiste ANO, dirigé par le Premier ministre milliardaire, est en tête dans les sondages après une baisse plus tôt cette année, lorsque les électeurs ont blâmé le gouvernement pour une mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 30 400 morts en République tchèque. Mais même en cas de victoire aux élections, Andrej Babiš pourrait manquer d'alliés pour former une coalition majoritaire de gouvernement.

Pas sûr cependant que cette nouvelle affaire, aussi retentissante soit-elle, rebute son électorat, d’autant qu’il jouit toujours du soutien important du président de la République et que deux des grands quotidiens du pays appartiennent au groupe qu’il a fondé.

Mais les Pandora Papers n’ont pas fini de secouer la République tchèque. Alors que le scrutin législatif doit se dérouler les 8 et 9 octobre, le site investigace.cz, qui se charge d’éplucher les documents de personnalités locales, a fait savoir « qu’environ 300 ressortissants tchèques étaient mentionnés, dont des figures politiques et des grandes fortunes ».

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