Pandora Papers: d'où vient le chiffre de 11.300 milliards de dollars?

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Une vue des îles Vierges britanniques, connues pour être un paradis fiscal, le 3 avril 2009. (Photo: via Associated Press)
Une vue des îles Vierges britanniques, connues pour être un paradis fiscal, le 3 avril 2009. (Photo: via Associated Press)

PANDORA PAPERS - 11.300.000.000.000 de dollars. Depuis la parution de l’enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) dites des Pandora Papers dimanche 3 octobre, vous êtes peut-être tombés sur ce chiffre démesuré où les zéros s’alignent.

Mais l’interprétation de cette somme a souvent été erronée, notamment sur les réseaux sociaux. Alors, qu’en est-il? Il n’est en tout cas pas le total de la fraude fiscale.

Ce montant, à prononcer 11.300 milliards de dollars (10.000 milliards d’euros environ), apparait dans un rapport de l’OCDE publié en 2020 portant sur l’année 2019. “Près d’une centaine de pays ont échangé des renseignements de façon automatique, permettant à leurs administrations fiscales d’obtenir des données sur 84 millions de comptes financiers détenus à l’étranger par leurs résidents, ce qui représente des actifs d’une valeur totale de 10.000 milliards d’euros (11.300 milliards de dollars, NDLR)”, peut-on lire dans l’étude.

Il ne s’agit donc pas de sommes détenues par la trentaine de chefs d’État, les centaines de personnalités et les 130 milliardaires épinglés par les Pandora Papers. Et encore moins du manque à gagner pour les États dans lesquels ces sommes auraient pu (et parfois dû) être déclarées.

Fraude, optimisation fiscale et pas seulement

Car comme le précise aussi Libération sur Twitter, si ces milliards ”échappent évidemment à l’impôt des pays d’origine, le manque a gagner fiscal (pour les États) n’équivaut pas à la somme dissimulée”.

Par ailleurs, l’évasion fiscale (détenir ses comptes dans des territoires où la fiscalité est avantageuse ou inexistante) peut être légale -on parle alors d’optimisation fiscale- ou illégale -c’est la fraude fiscale. Cette dernière, condamnable par la justice, demeure en réalité difficile à estimer puisqu’elle est par définition complexe et surtout secrète.

Toujours est-il que ce montant pourrait bien grossir encore. En 2018, première année où l’échange d’informations fiscales a été rendu automatique, permettant à des centaines de pays d’obtenir des données sur les comptes financiers détenus à l’étranger par leurs résidents respectifs, le montant des actifs détenus à l’étranger était de 4900 milliards d’euros contre 1100 milliards l’année précédente. Et en 2019, 10.000 milliards d’euros (11.300 milliards de dollars).

Cette hausse s’explique, détaille l’OCDE, par le nombre croissant de pays qui ont rejoint cette initiative pour tendre vers la transparence fiscale. Et qui permettent d’en savoir un peu plus année après année sur ces secrets bien gardés.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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