La pandémie de coronavirus va laisser son empreinte dans les glaces

Éléonore Solé, Rédactrice scientifique
1 / 2

La pandémie de coronavirus va laisser son empreinte dans les glaces

La glace est un indicateur historique crucial, en particulier aux yeux des climatologues. Puisque dans certaines régions du monde, elle ne fond pas, mais s'accumule d'année en année. Dès lors, elle renferme des traces de ce que vit la Terre. Minéraux, produits chimiques, microbes... Des pages de l'histoire du monde se figent dans la glace. L'étude de ces couches du temps est permise grâce à l'extraction et à l'analyse de carottes de glace, comme celle de la photo ci-dessous.

Lonnie Thompson, professeur distingué de sciences de la Terre, et Ellen Mosley-Thompson, professeure distinguée de géographie, ont dédié leur carrière à l'étude de la glace. Devant l'impact atmosphérique de la pandémie de SARS-CoV-2, ils n'ont que peu de doutes : cet épisode historique laissera son empreinte. « Dans 100 ou 200 ans, cette glace montrera tout ce qui se trouve dans l'atmosphère maintenant et dira aux générations futures ce qu'il s'est passé » explique Lonnie Thompson.

En particulier, la chute des émissions de dioxyde d'azote et de dioxyde de soufre pourra être retracée, grâce à sa répercussion sur les niveaux de nitrate et de sulfate. Il suffira aux futurs glaciologues de prélever des carottes de glace et des les analyser. Avec des techniques que nous ne connaissons sûrement pas aujourd'hui ! En couplant ces données avec les traces écrites des années 2020, ils pourront probablement déduire la pandémie de coronavirus, de la même façon que nos glaciologues ont déduit la peste noire qui a décimé l'humanité au cours du XIVe siècle.

Toutefois, un bémol atténue l'enthousiasme de ces chercheurs : le dérèglement climatique. L'étude de la glace « suppose que les glaciers continueront d'exister à l'avenir », glisse Lonnie Thompson.

> Lire la suite sur Futura