Pandémie : Pas de confinement pour la fraude

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Face à la multiplication des arnaques et des contrefaçons liées à la crise sanitaire, l’Etat a sonné la mobilisation générale. Bilan avec Olivier Dussopt, ministre des Comptes publics.

Les boîtes de médicaments blanc et vert, étiquetées en anglais, ont l’apparence de vraies prescriptions. Si ce n’est que les comprimés de chloroquine qu’elles contiennent, expédiés depuis l’Inde par Chronopost, n’ont aucune autorisation de mise sur le marché. Dans la zone de fret de Roissy, les douanes ont saisi 720 de ces pilules en mars. Elles ont aussi bloqué cet été quelque 800 gants chirurgicaux envoyés de Chine et des cartons de masques chirurgicaux non conformes. Au 15 octobre, 2,3 millions de masques importés illégalement avaient été interceptés sur le territoire- dont 1,4 million importés illégalement de Turquie récupérés en septembre par le bureau de Rungis. Il a suffi que la pandémie fasse flamber les prix de ces équipements pour que les contrefacteurs s’y intéressent.

«Il existe deux types de menaces, celles sur la santé avec des matériels et des produits dangereux introduits sur le territoire et celles sur les intérêts économiques du pays», constate Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics. Dès avril, Bercy a mis sur pied une équipe pour lutter contre la fraude liée au Covid-19 afin de contrer cette délinquance d’opportunité. Le premier bilan des escroqueries dressé devant le ministre révèle un inventaire hétéroclite de ces «profiteurs de guerre». Surgis de nulle part, de nombreux intermédiaires ont assuré pouvoir livrer aux hôpitaux et à d’autres acheteurs des milliers de masques, blouses et gants. Pour limiter les risques d’arnaque, une cellule antifraude de la Direction nationale d’enquêtes fiscales, regroupant 150 de ses 400 agents, les a passés au crible et a rendu, en deux jours maximum, des avis sur leur moralité fiscale. Un(...)


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