Paludisme: lancement de tests du vaccin le plus avancé sur des enfants

Depuis le début de l’année, plus de 3 millions de personnes ont été touchées par une véritable flambée de paludisme, soit plus de 25 % de la population, selon les chiffres publiés depuis deux mois sur le site de l’OCHA, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU.Les chiffres publiés par l’OCHA, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU sont très alarmants. De plus de 2 millions de cas enregistrés de janvier à avril 2019, ce chiffre a grimpé à 3 millions un mois plus tard, soit une augmentation de 50 % de cas par rapport à la même période de 2018.Et pratiquement tout le territoire burundais est touché de plein fouet par cette crise, toujours selon OCHA : neuf districts sanitaires « sont au-dessus du seuil d'alerte » et 33 « au-dessus du seuil épidémique » sur les 46 que compte le pays. Seuls six districts sont dans une situation normale.Le gouvernement réticent à déclarer l’état d’épidémiePlusieurs organisations internationales avaient recommandé dès le mois d'avril que le gouvernement déclare comme en 2017 l'état d'épidémie de paludisme au Burundi, mais Gitega ne s'y est pas encore résolu.« La déclaration ou non de l'état d'épidémie est de la responsabilité du gouvernement », explique Walter Kazadi Mulombo, le directeur du bureau de l'Organisation mondiale de la santé au Burundi. Mais il assure que « l'OMS a joué son rôle en alertant sur une augmentation anormale des cas et que le gouvernement est en train de prendre des mesures appropriées ».Des centaines de gens sont morts des causes de cette maladie, selon une source médicale à Bujumbura, qui estime que la déclaration de l'état d'épidémie et la gratuité des soins qui l'accompagne auraient permis de sauver de nombreuses vies dans un pays où les deux tiers de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté. Aucun responsable du ministère de la Santé ne pouvait être joint jusqu'à mardi soir.

À la veille de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme jeudi 25 avril, l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS, annonce le lancement de tests à grande échelle du vaccin le plus avancé, mais à l’efficacité limitée. Ces tests vont avoir lieu au Malawi, au Kenya et au Ghana sur des dizaines de milliers d'enfants, principales victimes du paludisme. En Afrique, ils sont plus de 250 000 âgés de moins de 5 ans à succomber à la maladie chaque année.

Disons-le d’emblée : ce vaccin, baptisé « RTS-S », n’est pas la panacée. Selon les essais cliniques chez les enfants, il permettrait de réduire d’environ 40% le nombre de cas de paludisme en général pendant les 4 années de suivi, et de près de 30% le nombre de cas de paludisme grave.

Par ailleurs, quatre doses doivent être administrées au jeune enfant, ce qui constitue une contrainte. On est donc loin du vaccin idéal mais il a un intérêt potentiel.

Dès lors, l’OMS a opté pour une nouvelle phase de tests, à grande échelle, dans trois pays pilotes : Malawi, Kenya et Ghana. Ces tests vont concerner 360 000 enfants chaque année, vivant dans des régions exposées au paludisme.

Plusieurs points vont être évalués : l’impact du vaccin pour réduire la mortalité, son innocuité dans le cadre d’une utilisation systématique et la faisabilité d’administrer quatre doses.

Si les résultats sont positifs, et on le saura au mieux dans deux ans, ce vaccin mis au point par la firme GSK pourrait être déployé plus largement en Afrique. Il viendrait alors étoffer, et non pas remplacer, la stratégie de lutte contre le paludisme, fondée notamment sur l’utilisation de moustiquaires imprégnées, la pulvérisation d’insecticides dans les habitations et le traitement préventif des femmes enceintes.